Le Groupe de travail international (GIT) ministériel sur la Côte d'Ivoire a tenu sa première réunion le 8 novembre 2005 à Abidjan. Il convient de rappeler qu'il a été créé, sur recommandation du sommet de la CEDEAO du 30 septembre 2005, par le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine réuni à Addis Abeba le 06 octobre 2005 en vue “d'assister le gouvernement dans la mise en œuvre de son programme et aux fins de consolider et de renforcer les mécanismes de suivi existants”. Par sa résolution 1633 du 21 octobre 2005, le Conseil de sécurité des Nations unies a fait sienne cette décision, en engageant le G.T.I à se réunir le plus tôt possible.
La réunion a été coprésidée par S.E.M. Oluyemi Adeniji, ministre des Affaires étrangères du Nigeria, et SEM Pierre Schori, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d'Ivoire, en présence des ministres du Bénin, du Ghana, de la Guinée, du Niger, de la France, du Haut Représentant des Nations unies pour les élections et des représentants de l'Afrique du Sud, du Royaume uni, des Etats-Unis, des Nations unies, de l'Union africaine, de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, de l'Union européenne, de l'Organisation internationale de la francophonie, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.
En vertu de son mandat, le Groupe est chargé d'évaluer, de contrôler et de suivre le processus de paix, en veillant notamment au respect des engagements pris par toutes les parties ivoiriennes. Après adoption de l'ordre du jour et de son règlement intérieur, il a examiné les moyens de mettre en œuvre concrètement ce mandat, pour toute la période intérimaire qui s'est ouverte le 31 octobre 2005 pour une durée n'excédant pas douze mois. La discussion a permis l'expression d'une unanimité des membres du Groupe, notamment quant à son rôle de garant et d'arbitre impartial du processus de paix et de réconciliation, avec pour objectif la tenue d'élections incontestables avant le 31 octobre 2006.
Le Groupe constate que ce processus trouve désormais sa source principale dans la résolution 1633 du Conseil de sécurité des Nations unies, dont il rappelle qu'elle s'impose à toutes les parties ivoiriennes.
Le groupe considère que cette résolution confère au Premier ministre qui prendra ses fonctions prochainement des pouvoirs propres et tous les moyens lui permettant d'accomplir effectivement et intégralement sa mission conformément à la résolution 1633. Le groupe rappelle que la résolution prévoit, entre autres, que “le Premier ministre doit disposer de tous les pouvoirs nécessaires conformément à l'accord de Linas-Marcoussis, ainsi que de toutes les ressources financières, matérielles et humaines voulues, en particulier dans les domaines de la sécurité, de la défense et des affaires électorales, en vue d'assurer le bon fonctionnement du Gouvernement, de garantir la sécurité et le redéploiement de l'administration et des services publics sur l'ensemble du territoire ivoirien, de conduire le programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration et les opérations de désarmement et de démantèlement des milices, et d'assurer l'équité de l'opération d'identification et d'inscription des électeurs, ce qui permettrait d'organiser des élections libres, ouvertes, régulières et transparentes, avec l'appui de l'Organisation des Nations unies”.
S'agissant en particulier de l'exercice de la pleine autorité du Premier ministre sur son gouvernement, il dispose des compétences nécessaires pour la conduite de l'administration, civile et militaire, la désignation et la révocation de ses responsables et le contrôle des ressources financières. A cet égard et en application de la résolution 1633 et des accords en vigueur, le Groupe a décidé :
d'apporter tout l'appui nécessaire au nouveau Premier ministre et au gouvernement qu'il constituera. Le Groupe traitera notamment avec une vigilance particulière les obstacles de toute nature (politique, juridique, financière, humaine, etc.) auxquels le Premier ministre serait confronté dans le plein exercice de son autorité pour l'accomplissement de sa mission ;
de créer entre toutes les parties ivoiriennes les conditions de la confiance indispensable à la réussite de l'ensemble du processus de paix et de réconciliation en Côte d'Ivoire ; le désarmement, en particulier, résultera de la confiance des parties dans la bonne application de la résolution 1633; l'identification est aussi un élément essentiel de cette confiance et constitue une priorité en vue des élections ;
de privilégier une approche concrète et pragmatique marquée par le souci de l'efficacité ; s'estimant tenu, à l'instar des parties ivoiriennes, à une obligation de résultat, il est résolu à remédier sans délai aux éventuels blocages ou aux ralentissements du processus de paix et de réconciliation en Côte d'Ivoire ;
d'inviter le groupe de médiation quotidienne, coprésidé par l 'Afrique du Sud et le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et comprenant le haut représentant des Nations unies pour les élections en Côte d'Ivoire, ainsi que les représentants de l'Union africaine et de la CEDEAO, à le saisir en tant que de besoin de tout obstacle mis à la bonne marche du processus, ainsi que de tout manquement susceptible de nécessiter son intervention; le Groupe, conscient des attentes placées en lui par les Nations unies, identifiera les responsabilités en cause ; il en tirera toutes les conclusions de droit, y compris en en référant, si nécessaire, au Conseil de sécurité ou à son comité des sanctions.
Dans la perspective de la désignation très prochaine du nouveau Premier ministre, et comme il en a été chargé par le Conseil de sécurité des Nations unies, le Groupe a élaboré une feuille de route en vue de tenir des élections libres, régulières, ouvertes et transparentes dès que possible et au plus tard le 31 octobre 2006. Cette feuille de route est articulée autour des composantes suivantes : gouvernance et processus politique, désarmement, démobilisation et réinsertion des ex-combattants, désarmement et démantèlement des milices, redéploiement de l'administration, identification et citoyenneté, processus électoral, rétablissement de la sécurité avec l'appui des Forces impartiales, respect des Droits de l'homme, sanctions et entraves à la liberté de mouvements, le suivi des média et l'action humanitaire. Cette feuille de route est également accompagnée d'un chronogramme.
Le Groupe est convenu de tenir sa prochaine réunion la première semaine de décembre en Côte d'Ivoire.
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