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samedi, décembre 31, 2005

L’année 2005 en bref :

8 janvier 2005 – Thabo Mbeki, le président Sud africain informe l’Union africaine de ses efforts visant à mettre un terme à l’impasse dans laquelle se trouve le processus de paix et à convaincre le chef des rebelles de réintégrer le gouvernement de réconciliation nationale. M. Mbeki a été désigné médiateur de l’Union Africaine en novembre 2004, après une reprise des hostilités.

31 janvier 2005 - Les Nations unies (ONU) confirment l’existence d’une liste de personnes accusées de violation des droits de l’homme en Côte d’Ivoire et susceptibles d’être traduites devant la Cour pénale internationale (CPI), mais Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU, refuse de divulguer les noms figurant sur cette liste afin de ne pas compromettre des poursuites éventuelles. A la fin de l’année, la liste n’avait toujours pas été publiée.

2 février 2005 – Le Conseil de sécurité renforce l’embargo sur les armes en Côte d’Ivoire. La résolution donne à plus de 10 000 troupes de maintien de la paix onusiennes et françaises le pouvoir de fouiller les cargaisons de marchandises dans les ports, aérodromes, bases militaires et zones frontalières.

28 février 2005 – Une milice pro-gouvernementale attaque un avant-poste rebelle sur la ligne de front occidentale, faisant au moins 15 morts. Les casques bleus arrêtent par la suite 87 assaillants, dont plusieurs enfants, et les livrent aux autorités.

9 mars 2005 - Accusé par les habitants d’Adjamé et la police de harcèlement et de racket, un groupe de miliciens à la solde du gouvernement, qui avait réquisitionné une école de la localité neuf mois auparavant pour y établir un camp d’entraînement militaire, est contraint de quitter le quartier.

6 avril 2005 - Après trois jours de négociations en Afrique du Sud, le président Laurent Gbagbo et les rebelles ivoiriens signent la cessation immédiate et définitive des hostilités en Côte d’Ivoire, connue sous le nom d’accords de Prétoria. Mais l’épineux problème de la candidature de l’opposant politique Alassane Ouattara à la future élection présidentielle demeure.

17 avril 2005 - Les parties en conflit conviennent que le désarmement des forces rebelles et des milices se déroulera entre le 14 mai et le 31 juillet.

26 avril 2005 – Des affrontements ethniques entre des jeunes locaux et des ressortissants étrangers à Guiglo, une ville de l’ouest de la Côte d’Ivoire, se propagent à la ville de Duékoué. En quelques jours, plus de 15 personnes trouvent la mort et des centaines d’autres fuient la localité.

27 avril 2005 - Le président Laurent Gbagbo accepte d’autoriser Alassane Ouattara, son principal adversaire politique, à se présenter aux prochaines élections, cédant ainsi à la pression de la communauté internationale et à l’une des principales exigences des Forces Nouvelles.

29 avril 2005 – Le porte-parole du gouvernement annonce que les élections présidentielles maintes fois repoussées auront lieu le 30 octobre.

14 mai 2005 - L’armée et les chefs rebelles ivoiriens fixent la date de démarrage du processus de désarmement au 27 juin.

31 mai 2005 - Des hommes armés non identifiés tuent au moins 60 personnes et incendient deux villages non loin de Duékoué. Des milliers d’immigrants sont victimes d’actes de représailles. Plus de 10 000 villageois trouvent refuge dans une mission catholique de Duékué.

23 juin 2005 – Le Conseil de sécurité des Nations unies vote une résolution autorisant le déploiement de 850 casques bleus supplémentaires en Côte d'Ivoire.

29 juin 2005 – Après deux jours de pourparlers à Pretoria, la capitale sud africaine, le gouvernement et le mouvement rebelle concluent un nouvel accord connu sous le nom de Pretoria II. Les deux parties acceptent d’accélérer le processus de désarmement. Un programme visant à la révision de plusieurs lois clé, dont les textes sur l’identité nationale, est mis en place.

1 août 2005 - Le processus de désarmement échoue une fois de plus, lorsque les Forces nouvelles refusent d’envoyer leurs combattants dans des sites de cantonnement au motif que le président Gbagbo n’a pas mis en place les réformes politiques promises.

9 septembre 2005 – Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies, annonce que les élections ne pourront avoir lieu le 30 octobre en raison du manque de coopération des parties en conflit.

22 septembre 2005 – L’Organisation mondiale de la santé (OMS)lance une campagne de vaccination de plus d’un demi million de personnes, après que quatre cas de fièvre jaune se soient déclarés au Burkina Faso, dont un non loin de la frontière ivoirienne.

14 octobre 2005 - Le Conseil de sécurité des Nations unies endosse le maintien du président Laurent Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire après expiration de son mandat le 30 octobre, pour une durée maximale de 12 mois. Il accroît également les pouvoirs du premier ministre qui devra être nommé.

17 octobre 2005 – Les rebelles annoncent leur intention d’organiser les examens scolaires pour les élèves vivant sur leur territoire. Des centaines de milliers d’élèves en fin de cycle ne peuvent passer au niveau supérieur car les examens scolaires annuels n’ont pas eu lieu depuis trois ans. Les rebelles accusent Michel N’Guessan, le ministre de l’éducation, d’empêcher le déroulement des examens pour des raisons politiques.

21 octobre 2005 – Le Conseil de sécurité de l’ONU adopte officiellement la résolution 1633 consacrant le nouvel accord de paix.

28 octobre 2005 – Selon un rapport de Human Rights Watch, le gouvernement ivoirien recrute des soldats et des enfants au Liberia voisin pour renforcer ses effectifs militaires.

5 décembre 2005 – Les présidents Olusegun Obasanjo du Nigeria, Thabo Mbeki d’Afrique du Sud et Mamadou Tandja du Niger désignent Charles Konan Banny, le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, au poste de premier ministre de transition de la Côte d’Ivoire, selon les termes de la résolution 1633 de l’ONU.

7 décembre 2005 - Charles Konan Banny est investi dans ses fonctions de premier ministre. Il ne dispose que de 11 mois pour procéder au désarmement des forces rebelles et des milices, résoudre le délicat problème de la nationalité et organiser des élections.

15 décembre 2005 – Le Conseil de sécurité de l’ONU approuve à l’unanimité une nouvelle résolution interdisant l’importation de diamants bruts en provenance de Cote d’Ivoire et renouvelle un embargo sur les armes déjà en vigueur.

29 décembre 2005 - Le nouveau premier ministre de la Côte d’Ivoire dévoile un gouvernement de transition composé de 32 membres comprenant des représentants du parti au pouvoir, des forces rebelles et de l’opposition politique. Guillaume Soro, le leader des Forces nouvelles, obtient un portefeuille.

GOUVERNEMENT DE TRANSITION

Premier Ministre

1- Premier ministre, ministre de l'Economie et des finances, ministre de la Communication
M. Charles Konan Banny

Ministres d'État

2- Ministère d'Etat, ministère chargé du programme de la reconstruction et de la réinsertion
M. Soro Kigbafori Guillaume (MPCI)
3- Ministère d'Etat, ministère du Plan et du développement
M. Antoine Bohoun Bouabré (FPI)

Ministres

4 - Ministère de la Défense
M. Aphing Kouassi René (PDCI)
5 - Garde des sceaux, ministère de la Justice et des droits de l'homme
M. Koné Mamadou ( MPCI )
6 - Ministère des Affaires étrangères
M. Bakayoko Youssouf ( PDCI )
7 - Ministère de l'Intérieur
M. Dja Blé Joseph
8 - Ministère de l'Agriculture
M. Amadou Gon Coulibaly (RDR)
9 - Ministère des Mines et de l'énergie
M. Monnet Léon Emmanuel (FPI)
10 - Ministère de la Construction, de l'urbanisme et de l'habitat
M. Amon Tanoh Marcel Benoît (RDR)
11 - Ministère de la Réconciliation nationale et des relations avec les institutions
M. Sébastien Dano Djédjé (FPI)
12 - Ministère des Infrastructures économiques
M. Achi Patrick (PDCI)
13 - Ministère de la Santé et de l'hygiène publique
M. Allah Kouadio Remy ( PDCI )
14 - Ministère de l'Education nationale
M. Amani N'guessan Michel (FPI)
15 - Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique
M. Cissé Ibrahima ( RDR )
16 - Ministère de l'Enseignement technique et de la formation professionnelle
M. Soumahoro Youssouf (MJP)
17 - Ministère de la Fonction publique, de l'emploi et de la réforme administrative
M. Oulaye Hubert ( FPI )
18 - Ministère des Transports
M. Anaky Kobena Innocent (MFA)
19 - Ministère de la Coopération et de l'intégration africaine
M. Mabri Toikeusse ( UDPCY )
20 - Ministère de la Culture et de la francophonie
M. Mel Eg Théodore (UDCY)
21 - Ministère de la Solidarité et des victimes de guerre
M. Dakoury Tabley Louis André (MPCI)
22 - Ministère de la Production animale et des ressources halieutiques
M. Douaty Alphonse (FPI)
23 - Ministère de l'Environnement et des eaux et forêts
M. Andoh Jacques (PIT)
24 - Ministère de la Famille et des affaires sociales
Mme Peuhmond Adjoua Jeanne (RDR)
25 - Ministère de la Lutte contre le Sida
Mme Adjobi Christine ( FPI )
26 - Ministère de l'Industrie et du secteur privé
Mme Tehoua Amah Marie ( PDCI)
27 - Ministère du Commerce
M. Dosso Moussa (MPCI)
28 - Ministère du Tourisme et de l'artisanat
M. Koné Amadou ( MPCI)
29 - Ministre des Nouvelles technologies de l'information et de la communication
M. Bakayoko Hamed (RDR)
30 - Ministère de la Jeunesse, de l'éducation civique et des sports
M. Banzio Dagobert ( PDCI)

Ministres délégués

31 - Ministère délégué auprès du Premier ministre chargé de l'Economie et des finances
M. Diby Koffi Charles
32 - Ministère délégué auprès du Premier ministre chargé de la Communication
Mme Koffi Studer Martine

BIOGRAPHIE de Charles Konan BANNY

Charles Konan BANNY, Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) depuis 1990, est né le 11 novembre 1942 à Divo en République de Côte d'Ivoire.

Titulaire d'un Diplôme d'Etudes Supérieures (DES) en Sciences Economiques et Commerciales obtenu à l'Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales de Paris (ESSEC) en 1968, il commence sa carrière professionnelle en 1969, date à laquelle il est nommé Chargé de Mission à la Caisse de Stabilisation et de Soutien des Prix des Productions Agricoles en Côte d'Ivoire (CSSPPA).

En 1970, Charles Konan BANNY rejoint l'Organisation InterAfricaine du Café (OIAC) à Paris où il occupe le poste de Secrétaire Général Adjoint avant d'être nommé Secrétaire Général un an plus tard.

C'est en 1976 que Charles Konan BANNY entame son itinéraire de banquier central, avec son entrée au Siège de la BCEAO où il occupe successivement les fonctions de Directeur des Affaires Administratives et Sociales, de Directeur Central des Titres, du Portefeuille, des Emprunts et des Prêts en 1977 et de Directeur Central des Etudes en 1983.

En 1986, il devient Directeur National de la BCEAO pour la Côte d'Ivoire. A ce titre, il est nommé Gouverneur Suppléant pour la Côte d'Ivoire au Fonds Monétaire International (FMI). Conseiller Spécial du Gouverneur de la BCEAO à partir de 1988, il est nommé Gouverneur par intérim de la BCEAO de 1990 à 1993.

Le 1er janvier 1994, Charles Konan BANNY est confirmé dans les fonctions de Gouverneur de la BCEAO, sur décision du Conseil des Ministres de l'Union Monétaire Ouest Africaine prise conformément aux dispositions de l'article 41 des Statuts de la BCEAO, pour un mandat de 6 ans renouvelable.

Son mandat de Gouverneur de la BCEAO a été renouvelé le 17 juin 1999 pour une période de 6 ans, à compter du 1er janvier 2000.

Sous l'autorité de M. Charles Konan BANNY, la BCEAO a engagé de grands chantiers parmi lesquels on peut distinguer:

Au plan de la politique monétaire et de l'intégration financière


La réforme des instruments de politique monétaire en vue d'adapter les règles et procédures de la Banque Centrale aux mutations de l'environnement. Les innovations introduites à cet effet portent essentiellement sur :
- la mobilisation accrue de l'épargne intérieure, à l'appui d'une réduction progressive du rôle de la monnaie centrale ;

- l'abandon de la gestion administrative au profit d'instruments de régulation indirects, souples et flexibles répondant aux exigences des mécanismes de marché ;

- le renforcement de l'organisation et de la surveillance bancaire, avec la création en octobre 1990 de la Commission Bancaire de l'UMOA ;

- la mise en place d'un nouveau dispositif de surveillance et de contrôle de l'activité bancaire.


La promotion des financements alternatifs avec notamment :
- l'institution d'instruments de mobilisation de ressources à court et à moyen terme (billets de trésorerie, certificats de dépôts, bons, etc.) ;

- la mise en place de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) et du Conseil Régional de l'Epargne Publique et des Marchés Financiers ;

- et le développement des systèmes de financement décentralisés (SFD) avec l'adoption d'une loi-cadre spécifique.


Au plan de l'intégration économique régionale

Création de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) : en exécution du mandat qui lui a été confié par les Chefs d'Etat de l'UMOA, Charles Konan BANNY conduit le projet jusqu'à son aboutissement final en janvier 1994, date de la signature du Traité constitutif de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).


Initiation et mise en place de chantiers intégrateurs relevant de l'environnement réglementaire et institutionnel de la politique monétaire :
- le plan comptable bancaire (PCB) entré en vigueur le 1er janvier 1996;

- la Centrale des Bilans dans les Etats membres de l'Union dont le volet comptable, le Système Comptable Ouest Africain (SYSCOA) est déjà opérationnel depuis le 1er janvier 1998;

- le projet de conception d'un cadre légal et réglementaire uniforme pour le capital-risque et les sociétés d'investissement en fonds propres;

- le projet de centralisation des incidents de paiement;

- le projet de modernisation des systèmes et moyens de paiement.


Participation décisive à l'adoption par les Hautes Autorités de l'Union du Pacte de Convergence, de Stabilité, de Croissance en vue de la consolidation du dispositif de surveillance multilatérale des politiques économiques, à l'avènement de la convergence tarifaire et à l'approfondissement des réformes économiques et institutionnelles.


Au plan de la modernisation de la gestion de la Banque Centrale


Définition et mise en oeuvre d'un plan d'évolution du système d'information, à travers notamment la réalisation d'infrastructures et l'acquisition d'équipements techniques qui ont permis de mettre à la disposition du personnel de nouveaux outils de travail électroniques et informatiques : messagerie électronique et Intranet. Le pivot de cette innovation est constitué par le réseau privé de télécommunication par satellite de type VSAT, grâce auquel les différents sites de la BCEAO ont été reliés.


Modernisation des activités de caisse et de tri par l'introduction progressive de la mécanisation des opérations de caisse.


Lancement de la construction d'une troisième génération d'Agences Auxiliaires et d'un immeuble annexe au Siège pour faire face au besoin de croissance du réseau et de locaux.


Consécration de certaines fonctions émergentes dans les structures de la BCEAO par la création d'une part, de la Direction de la Sécurité pour prendre en charge la définition et la mise en oeuvre d'une politique de sécurité à la mesure de la recrudescence des risques en matière de protection des biens, des personnes, des valeurs et des procédures et, d'autre part, de la Direction de la Communication pour permettre notamment au plan interne, une meilleure information et un développement des synergies entre les agents et la Banque, et en externe, de mieux faire connaître l'Institution.


Définition et mise en oeuvre d'une Gestion Intégrée des Ressources Humaines (GIRH) qui a permis de constituer une base d'informations sur l'état des ressources en personnel de la Banque et d'élaborer une stratégie globale, rationnelle et moderne des politiques et méthodes de gestion du personnel de la Banque, notamment par:
- le recrutement au service de la Banque de cadres à haut potentiel;

- le maintien du personnel en fonction par une organisation cohérente et harmonieuse des carrières;

- le développement du potentiel des agents par une politique de formation continue appropriée;

- la motivation du personnel à travers notamment une évaluation équitable et objective des performances;

- la détermination des besoins en personnel et en formation du personnel;

- la réorganisation des structures.


Le renforcement de la vocation régionale du Centre Ouest Africain de Formation et d'Etudes Bancaires (COFEB), l'institut de formation de la Banque Centrale, ouvert aux banques et aux administrations publiques. Avec l'arrivée du Centre Africain d'Etudes Supérieures en Gestion (CESAG) dans le giron de la Banque Centrale, la synergie entre le COFEB et le CESAG se développe activement.


L'institution de la journée continue en vue de permettre au personnel de disposer du temps nécessaire à consacrer aux activités sportives, culturelles et sociales indispensables à leur épanouissement.


Extension du régime d'aide au personnel pour l'accession à la propriété immobilière avec en prime, la construction de logements sociaux dans tous les pays membres au profit du personnel, dans le cadre de coopératives d'habitat.


Construction de "centres aérés" comportant plusieurs infrastructures sportives et culturelles, dans le souci du raffermissement des liens de convivialité et de fraternité entre les agents.


En 1994, Charles Konan BANNY a pris l'initiative de créer un Comité Historique, constitué d'éminents universitaires et de témoins vivants de l'histoire de la BCEAO, auquel il donna pour mission la rédaction de l'histoire de l'Union Monétaire Ouest Africaine. Ces travaux ont débouché sur l'édition d'un ouvrage historique de référence intitulé "Histoire de l'UMOA, des origines à 1997". L'objectif visé est de revisiter le passé de l'Union et reconstituer ainsi l'héritage à léguer aux générations futures. L'ouvrage de trois tomes est distribué exclusivement au sein du réseau des Agences de la BCEAO dans les pays membres et à sa représentation à Paris.

Outre ses fonctions de Gouverneur, M. BANNY est Président du Conseil d'Administration de la BCEAO, Président de la Commission Bancaire de l'UMOA, membre du Conseil Régional de l'Epargne Publique et des Marchés Financiers de l'UMOA et Administrateur de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD).

Charles Konan BANNY est Officier de l'Ordre National de la République de Côte d'Ivoire, Commandeur de l'Ordre National du Lion de la République du Sénégal, Grand Officier de l'Ordre du Mérite de la République du Niger, "Citoyen d'honneur" de la ville de Sevran en France, Commandeur de l'Ordre National de la République du Bénin, Commandeur de l'Ordre National de la République du Mali. Il a également été décoré de la Médaille du Mérite et de la Coopération de la République de Guinée-Bissau.

Grand sportif, passionné de football qu'il a longuement pratiqué, Charles Konan BANNY consacre aussi ses rares moments de détente à la lecture et à la musique.

M. BANNY est marié et père de 4 enfants.

vendredi, décembre 30, 2005

Le premier ministre annonce la composition du nouveau gouvernement de transition

ABIDJAN, le 30 décembre (IRIN) - Après plusieurs semaines de négociations, le nouveau Premier ministre de la Côte d’Ivoire a constitué un gouvernement de transition qui dispose désormais de 10 mois pour réunifier le pays, désarmer les combattants rebelles et organiser les élections présidentielles.

Le Premier ministre Charles Konan Banny a annoncé mercredi la composition d’une équipe gouvernementale restreinte de 32 membres comprenant des représentants du parti au pouvoir, des forces rebelles et de l’opposition politique.

« J’ai également souhaité que les Ivoiriens se reconnaissent dans leur gouvernement », a déclaré à la presse M. Banny après la composition de son cabinet.

« Ce gouvernement est un gouvernement de mission. La mission elle est importante ; elle est essentielle. Nous devons éliminer toutes les armes de notre territoire, réunifier le pays et procéder à l’identification de la population …Nous devons apprendre à résoudre nos problèmes ».

Les protagonistes de la crise ivoirienne n’ont pas respecté toutes les dispositions de l’accord de paix de Linas-Marcoussis signé en janvier 2003, notamment le désarmement des forces rebelles et des milices pro-gouvernementales, et le règlement du délicat problème de la citoyenneté. En conséquence, les élections prévues le 30 octobre ont dû être annulées.

Les différents médiateurs internationaux ont déploré l’intransigeance des factions rivales et souligné leur manque de volonté politique à mettre fin à cette situation de « ni paix ni guerre » dans un pays divisé entre une région nord, occupée par les forces rebelles, et une région sud, contrôlée par le gouvernement.

Dans la nouvelle équipe gouvernementale, le ministère de Reconstruction et de la Réinsertion a été confié au leader des Forces nouvelles, Guillaume Soro, qui occupe ainsi le deuxième portefeuille, par ordre d’importance, après celui du Premier ministre.

Selon certains observateurs, la mission de M. Soro inclura probablement le désarmement et le redéploiement de l’administration gouvernementale sur l’ensemble du territoire occupé par les rebelles.

M. Soro avait précédemment revendiqué le poste de Premier ministre mais, à en croire Sidiki Konaté, le porte-parole de la Forces nouvelles, ce compromis satisfait le mouvement rebelle.

« Le gouvernement est une réalité et nous n’avons pas d’objection. Nous attendons de voir comment les choses vont se passer », a expliqué M. Konaté.

Il a fallu trois semaines à M. Banny pour constituer son équipe. Selon des sources proches du gouvernement, ce retard est dû en grande partie au refus du président Laurent Gbagbo de lâcher le portefeuille du ministère des Finances, détenu auparavant par un de ses proches alliés, Antoine Bohoun Bouabré.
Dans le nouveau cabinet, ce poste sera occupé par le Premier ministre, M. Banny –- ancien gouverneur de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’ouest (BCEAO) –- même si Charles Koffi Diby, l’ancien directeur du trésor, sera chargé de la gestion quotidienne du ministère.

M. Bouabré occupe désormais le poste de ministre d’Etat, Ministre du Plan et du Développement.

Les autres portefeuilles ministériels ont été attribués aux principaux signataires des accords de Marcoussis et à des technocrates peu connus du grand public, mais proches alliés de M. Banny.

Le Ministère de la Défense - donc le contrôle de l’armée ivoirienne - a été attribué au magistrat Aphing René Kouassi et le ministère de l’Intérieur a été confié à Dja Joseph Ble.

Composée de 32 membres – neuf de moins par rapport au précédent gouvernement de réconciliation nationale de la Côte d’Ivoire -, la répartition des portefeuilles ministériels respecte un juste équilibre des forces politiques en présence.

Le Rassemblement des républicains (RDR) et le Parti démocratique de la Côte d’Ivoire (PDCI), deux partis de l’opposition, disposent de cinq ministères chacun, sept ministères ont été attribués au Front populaire ivoirien (FPI) et six aux Forces nouvelles.

M. Gbagbo a signé le décret présidentiel installant la nouvelle équipe gouvernementale, mais certains militants du FPI ont manifesté leur mécontentement à propos de la répartition des portefeuilles. Des centaines de jeunes sont ainsi descendus mercredi dans les rues de Yopougon, un quartier d’Abidjan, la capitale, pour exprimer leur désapprobation, et ont bloqué la circulation en incendiant des pneus.

Le chef d’état major des armées, le Général Philippe Mangou, et Charles Blé Goudé, chef de file des Jeunes patriotes, des militants pro-FPI, sont intervenus à la télévision nationale pour lancer un appel au calme.

Des éléments des forces armées ont été dépêchés sur les lieux pour disperser les manifestants.

M. Banny et sa nouvelle équipe disposent désormais d’à peine 10 mois pour mettre en œuvre la feuille de route du Conseil de sécurité et pour organiser les élections avant octobre 2006, période à laquelle expire le mandat du gouvernement de transition.

Mais pour certains observateurs politiques, si l’équipe de M. Banny constitue une solution de sortie de crise, le délai de dix mois dont elle dispose peut s’avérer trop court.

« Le nouveau gouvernement reflète bien l’équilibre du pouvoir en Côte d’Ivoire », a indiqué Hamed N’Cho. « La répartition des postes ministériels doit permettre à toutes les parties prenantes de trouver une solution à la crise ».

« [Mais] nous ne disposons que dix mois pour cela. Peut-être qu’il faut déjà penser à prolonger la période de transition ».

mardi, décembre 06, 2005

COMMUNIQUE Final du GIT-Séance du 06 décembre

1. Le Groupe de travail international ministériel sur la Côte d`Ivoire a tenu sa deuxième réunion le 6 décembre 2005 à Abidjan.

2. II convient de rappeler qu`à la suite de la première réunion du GTI tenue le 08 novembre 2005 le Conseil de Sécurité des NU par une déclaration présidentielle datée du 30 novembre 2005 a exprimé son plein soutien au groupe et à ses travaux.

3. Cette deuxième réunion a été co-présidée par S.E.M. Oluyemi Adeniji, ministre des Affaires étrangères du Nigeria, et S.E.M. Pierre Schori, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d`Ivoire, en présence des ministres du Niger, de l`Afrique du Sud, de la France, du Haut Représentant des Nations Unies pour les élections et des représentants du Bénin, du Ghana, de la Guinée, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, des Nations Unies, de l`Union africaine, de la Communauté économique des Etats d`Afrique de l`Ouest, de l`Union européenne, de l`Organisation internationale de la francophonie et de la Banque mondiale.

4. Le Groupe exprime sa reconnaissance au Président en exercice de l`Union africaine, au Président de la communauté des Etats d`Afrique de l`Ouest (CEDEAO) et au médiateur de l`Union africaine pour la désignation de M. Charles Konan Banny comme Premier ministre de la période de transition. Le nouveau Premier ministre a pris part à l`ouverture de cette réunion du Groupe.

5. Tout en félicitant M. Konan Banny de sa nomination, le Groupe l`a assuré de son soutien total. A cet égard, le GTI prie le Groupe de Médiation de vérifier et de lui rendre compte que le Premier ministre dispose de tous les pouvoirs et de toutes les ressources décrits au paragraphe 08 de la résolution 1633 (2005) et réaffirmés dans la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité du 30 novembre 2005.

6. Le mandat de l`Assemblée nationale prendra fin le 16 décembre 2005. En attendant le résultat des consultations des parties ivoiriennes prévues au paragraphe 11 de la résolution 1633, s`il se révélait nécessaire de légiférer en vue d`assurer la mise en oeuvre effective et rapide du programme du Gouvernement durant la période de transition issue de la résolution 1633 du Conseil de sécurité des Nations Unies, le Gouvernement adoptera rapidement en Conseil des Ministres les textes que le Premier Ministre présentera dans les deux jours au Chef de l`Etat qui devra les promulguer dans un délai maximum de cinq (5) jours.

7. La Commission électorale indépendante (CEI) n`étant pas encore opérationnelle, le Groupe déplore le retard du processus électoral et souligne le risque que cela pose pour la tenue des élections dans les délais prévus. Le Groupe apporte tout son soutien au Haut Représentant pour les consultations qu`il a engagées pour permettre sans délai le fonctionnement de la CEI ainsi que, si nécessaire, le recours à l`arbitrage au sujet de la composition de son bureau, conformément aux résolutions 1603 et 1633 et à la déclaration du président du Conseil de sécurité des Nations Unies du 30 novembre 2005. Le Groupe réitère la disponibilité du Groupe de Médiation à apporter au Haut Représentant pour les élections toute l`assistance nécessaire.

8. Le Groupe relève que le Conseil de sécurité a, le 30 novembre, réaffirmé sa disposition, en étroite consultation avec la médiation de l`Union africaine, à imposer les mesures individuelles prévues aux articles 9 et 11 de la résolution 1572 (2004) et dans la résolution 1633. Il rappelle que ces mesures visent les individus qui :
1/ bloqueraient la mise en œuvre du processus de paix,
2/ seraient tenus responsables de graves violations des droits de l`homme et du droit international humanitaire en Côte d`Ivoire,
3/ inciteraient publiquement à la haine et à la violence, ainsi que les personnes ou entités
4/ jugées en état d`infraction à l`embargo sur les armes. Chargé, en vertu de son mandat, d`évaluer, de contrôler et de suivre les progrès accomplis, le Groupe se déclare particulièrement résolu à faciliter la résorption rapide de tout blocage ou de tout ralentissement qui affecterait le processus. Il est prêt à considérer toute attaque ou obstruction envers l`action des Nations Unies, des forces impartiales, du Conseil de sécurité ou du Groupe lui-même comme traduisant une volonté, chez son ou ses auteurs, de contrarier le processus. Le Groupe presse les média ivoiriens de s`abstenir de toute publication, radiodiffusion ou télédiffusion susceptible de saper le processus de paix et de réconciliation. Il encourage le Premier ministre à prendre des mesures visant à assainir l`environnement médiatique, et ce, d`urgence. Pour les infractions qualifiées pénalement, le possible recours aux mesures individuelles ciblées est sans préjudice des voies de droit judiciaires appropriées -ivoiriennes, étrangères ou internationales.

9. Le Groupe note que le groupe de médiation quotidienne, coprésidé par l`Afrique du Sud et le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et comprenant le Haut Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d`Ivoire ainsi que les représentants de l`Union africaine et de la CEDEAO, s`est régulièrement réuni et a suivi de manière effective l`évolution du processus de paix. II a relevé avec préoccupation les manœuvres et pratiques contraires à ce processus ainsi que les atteintes aux droits de l`homme recensées par le groupe de médiation. Le Groupe prend acte des recommandations faites par le Groupe de médiation dans son premier rapport et le prie à nouveau de le saisir de tout obstacle au processus de paix.

10. Le groupe a mis à jour la matrice de la feuille de route visant à l`organisation d`élections libres, régulières, ouvertes et transparentes dès que possible et au plus tard le 31 octobre 2006. Cette feuille de route est articulée autour des composantes suivantes : gouvernance et processus politique, désarmement, démobilisation et réinsertion des ex-combattants (DDR), désarmement et démantèlement des milices, redéploiement de l`administration, identification et nationalité, processus électoral, rétablissement de la sécurité avec l`appui des forces impartiales, respect des droits de l`homme, sanctions et entraves à la liberté de mouvement, suivi des média et action humanitaire.
Le Groupe est convenu de tenir sa prochaine réunion en Côte d`Ivoire le 15 janvier 2006.

lundi, décembre 05, 2005

Nouvel espoir de paix avec la nomination d'un nouveau Premier ministre

ABIDJAN, le 5 décembre (IRIN) - La désignation par les médiateurs africains de Charles Konan Banny, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, au poste de Premier ministre de transition de la Côte d'Ivoire a été bien accueillie lundi par toutes les parties en conflit et augure d'une nouvelle ère de paix dans ce pays coupé en deux par la guerre.

Selon les termes de la résolution 1633 du Conseil de sécurité des Nations unies, le nouveau Premier ministre ivoirien disposera de moins de 11 mois pour désarmer les factions armées de ce pays d'Afrique de l'ouest déchiré par trois années de guerre civile, et pour organiser des élections.

Mais cette désignation par trois éminents chefs d'Etat africains intervient avec plusieurs semaines de retard. En effet, les différents protagonistes de la crise ivoirienne n'avaient pu se mettre d'accord le mois dernier sur le nom d'un candidat Premier ministre, acceptable par tous, capable de remplir le vide politique actuel et d'assumer le rôle de chef d'un gouvernement de transition et de l'armée.

« Le Premier ministre pour la période de transition qui doit prendre fin en octobre 2006 est M. Charles Konan Banny », a indiqué le ministre nigérian des Affaires étrangères, Oluyemi Adeniji, en lisant le bref communiqué signé par les présidents Olusegun Obasanjo du Nigeria, Thabo Mbeki d'Afrique du sud et Mamadou Tandja du Niger.

Agé de 63 ans, M. Banny vit à Dakar, au Sénégal, pays qui abrite le siège de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO). Il devra s'imposer aussi aux rebelles, qui occupent le nord du pays depuis septembre 2002, qu'au président Laurent Gbagbo, qui contrôle le sud.

M. Obasanjo, qui est aussi président en exercice de l'Union africaine (UA), se tenait aux côtés du président Gbagbo lors de la lecture du communiqué portant nomination du Premier ministre de la transition. Les chefs d'Etat nigérian et sud africain s'étaient rendus à plusieurs reprises en Côte d'Ivoire et, pour la première fois depuis des mois, ils sont parvenus à imposer le plan de paix élaboré par l'ONU.

Selon les termes de la résolution 1633, le Premier ministre aura la lourde responsabilité de procéder au désarmement des forces rebelles et des milices, de résoudre le délicat problème de la nationalité et d'organiser des élections avant l'échéance du 26 octobre 2006.

Les élections étaient censées avoir lieu le 30 octobre dernier. Mais, en raison du retard dans les préparatifs et du refus des rebelles ou des miliciens pro-Gbagbo de désarmer, l'ONU avait jugé qu'il était impossible d'organiser le scrutin à l'échéance prévue.

Pour éviter une crise constitutionnelle, le Conseil de sécurité avait recommandé que le mandat de M. Gbagbo à la tête de l'Etat ivoirien soit prolongé d'un an maximum et qu'un nouveau Premier ministre, « acceptable par tous », soit nommé à la tête d'un gouvernement de transition.

Une nomination bien accueillie

La nomination de M. Banny, considéré généralement comme une personnalité très indépendante, a bien été accueillie par l'ensemble de la classe politique et par les forces rebelles qui avaient auparavant annoncé qu'elles n'accepteraient aucun candidat autre que leur leader, Guillaume Soro.

« Nous n'avons rien contre cette nomination », a confié à IRIN le porte-parole des Forces nouvelles, Sidiki Konaté. « Les présidents [Mbeki, Obasanjo et Tandja] devront s'assurer que le Premier ministre travaille dans le cadre de la mission qui lui est confiée avec les pleins pouvoirs ».

A la question de savoir si les rebelles pensent que M. Banny est capable de réunifier le pays et d'organiser les élections, M. Konaté a répondu : « Il est Ivoirien. S'il a la volonté et qu'il est bien entouré, il n'y a pas de raison de douter de ses capacités ».

M. Banny remplacera Seydou Diarra. Ce dernier, apprécié des loyalistes et de l'opposition armée et civile, n'a pu obtenir de Gbagbo tous les pouvoirs que lui conféraient les accords de Linas-Marcoussis de janvier 2003. Bien au contraire, le président à continuer à gérer la plupart des dossiers de l'Etat.

Comme le stipule la résolution 1633, adoptée en octobre, le Premier ministre du gouvernement de transition aura « les pleins pouvoir sur le cabinet ». Le Communauté internationale s'est par ailleurs engagée à renforcer son pouvoir en désignant un groupe de travail spécial chargé de surveiller et de rapporter tout entrave à la progression du processus de sortie de crise.

« Le groupe de travail international créé par la résolution 1633 du Conseil de sécurité des Nations unies veillera à l'application de cette décision et en référera aux trois présidents [Mbeki, Obasanjo et Tandja] », indique la déclaration.

M. Banny: une personnalité indépendante

M. Banny occupe les fonctions de gouverneur de la BCEAO depuis 1990 et, en tant qu'éminent citoyen de la Côte d'Ivoire, il avait été pressenti pour le poste de Premier ministre. Son nom figurait sur la première liste des 16 candidats et il avait le soutien de M. Gbagbo.

Selon certains leaders de l'opposition, un de ses principaux atouts est sa grande expérience d'économiste et le fait qu'il s'est tenu à l'écart des turpitudes quotidiennes de la politique ivoirienne.

« M. Banny est le candidat qui a fait une certaine unanimité autour de son nom parce qu'il n'est pas trop marqué politiquement. Il a une grande expérience en économie et nous avons besoin de quelqu'un comme lui », a déclaré à IRIN Anaky Kobenan, le leader du Mouvement des forces de l'avenir, un petit parti de l'opposition.

M. Banny est originaire de Yamoussoukro, la capitale administrative de la Côte d'Ivoire et bastion de l'ancien parti au pouvoir, le Parti démocratique de la Côte d'Ivoire (PDCI). Lorsque son frère a révélé que M. Banny avait l'intention de se présenter aux élections présidentielles en candidat indépendant, certains membres du PDCI avaient considéré cette initiative comme une tentative d'affaiblir le parti et son président, l'ancien chef d'Etat Henri Konan Bédié.

Le secrétaire générale du PDCI, Alphonse Djédjé Mady, a néanmoins indiqué que le parti avait favorablement accueilli la nomination de M. Banny.

« C'est celui qui a été choisi. Tout le monde doit l'aider à réussir sa mission. Personne ne devra faire obstacle à son action, parce qu'il travaille pour le bien de la Côte d'Ivoire », a-t-il ajouté.

Quant au Rassemblement des républicains (RDR), le principal parti de l'opposition, il a déclaré qu'il espérait que cette nomination permettrait la tenue des élections.

« Nous espérons que toutes les difficultés rencontrées avec les précédents accords de paix vont être résolues, afin que le pays puisse aller rapidement vers les élections libres, justes et transparentes », a indiqué le porte-parole du RDR, Cissé Bacongo.

Une diplomatie mesurée

Il y a dix jours, lors d'une précédente visite en Côte d'Ivoire, M. Obasanjo - président en exercice de l'Ua -, Mbeki -- médiateur mandaté par l'Ua - et Tandja - président en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) -- n'avaient pu obtenir un consensus autour du nom d'un nouveau Premier ministre.

Mais cette fois-ci, la diplomatie très mesurée de M. Obasanjo a permis de résoudre le problème.

« Nous n'avons rien eu à dire, tout le monde a fermé sa gueule», a déclaré M. Kobenan, à l'issue de la rencontre avec les médiateurs. « La classe politique n'ayant pas été capable de se mettre d'accord, les médiateurs ont choisi ».

Certains diplomates espèrent que la stature internationale de M. Banny et les bonnes relations qu'il entretient avec M. Gbagbo et les leaders de l'opposition ivoirienne l'aideront dans sa mission.

Catholique, marié et père de quatre enfants, M. Banny est titulaire d'un diplôme d'Etudes Supérieures en Sciences Economiques et Commerciales obtenu à l'Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales de Paris (ESSEC). Il a passé une bonne partie de sa carrière professionnelle en Afrique de l'ouest où il a travaillé notamment en Côte d'Ivoire à l'ancienne organisme de commercialisation du cacao, la Caistab, avant de démarrer sa carrière à la BCEAO en 1976.

Au siège de la BCEAO, à Dakar, la capitale sénégalaise, on indique que le remplaçant de M. Banny sera choisi parmi les vices-gouverneurs de la banque, mais aucune précision n'a été donnée sur la future réorganisation de l'institution.

Une bonne nouvelle pour les élèves ?

Les agences humanitaires espèrent aussi que le nouveau Premier ministre aidera à débloquer la situation de centaines de milliers d'élèves vivant dans le nord et qui n'ont pu passer leurs examens de fin d'année depuis que le pays a été divisé en deux en septembre 2002.

Et si rien n'est fait pour leur permettre de passer les examens, ils ne pourront pas progresser dans le système scolaire ou passer du cycle d'enseignement primaire ou secondaire. Les enfants doivent passer l'examen d'entrée en sixième avant les 15 ans révolus. Au-delà de cet âge, ils sont considérés comme trop vieux et exclus des systèmes scolaires.

Dès le début de la guerre, les subventions du gouvernement central aux services publics présents dans les zones rebelles ont été coupées. Depuis, les services les plus élémentaires que sont les écoles et les soins de santé ont été assurés par des organisations non gouvernementales.

La crise ivoirienne a fait quelque 500 000 déplacés, selon l'ONU, et les statistiques du Fonds monétaire international indiquent que le chômage et la pauvreté sont en hausse, ainsi que la malnutrition infantile, particulièrement dans les régions du nord les plus les plus pauvres.