On dénombre actuellement, en Côte d’Ivoire, 140 filiales de grands groupes français qui emploient près de 50.000 personnes et font vivre des centaines de milliers d’Ivoiriens. 400 petites et moyennes entreprises françaises de droit local opèrent aujourd’hui en CI. Elles font vivre des milliers de familles. Le chiffre d’affaires de toutes ces sociétés représente 30% environ du produit intérieur brut ivoirien et près de 50% des recettes fiscales de l’Etat ivoirien c’est-à-dire la moitié des rentrées fiscales du pays.
La CI reste le premier partenaire commercial de la France au sein de la zone Franc. Selon les Douanes ivoiriennes, la France occupe le premier rang des pays clients de la CI, avec 18% du total de ses exportations, et des pays fournisseurs, avec 28% du total de ses importations. Les échanges commerciaux bilatéraux se sont établis en 2006 à 1,1 millions d’Euros, soit plus de 700 millions de F CFA, répartis à peu près également entre exportations et importations. La France achete principalement en Côte d’Ivoire des produits agricoles et agro-alimentaires (banane, cacao, ananas, caoutchouc, bois scié, conserve de poisson), mais aussi, et de plus en plus, du pétrole brut et raffiné. Elle vend surtout des produits industriels, au détriment des biens de consommation courants en nette diminution ces dernières années, du fait sans doute de la crise qui frappe le budget des ménages ivoiriens.
En dépit de cette crise et des difficultés de toute sorte qu’elle engendre, les entrepreneurs, les commerçants, les banquiers et les investisseurs français souhaitent développer leurs relations avec la Côte d’Ivoire. Une semaine française, axée sur les vins et la gastronomie, a été organisée à Abidjan au début du mois de juin. Elle a connu un franc succès. La France renouvellera donc l’expérience dans d’autres secteurs, pour montrer qu'elle est confiante dans l’avenir de la Côte d’Ivoire. Une mission conjointe du Medef, le patronat français, et du ClAN, qui regroupe les investisseurs français attirés par l’Afrique, a prévu de séjourner en CI la semaine prochaine. Encore une manifestation d’espoir et une preuve de confiance. “ Les Français reviennent ”, entend-on dire ici ou là. Mais non, ils ne reviennent pas. Ils ne sont jamais partis. Car on n’abandonne pas ses amis dans les moments difficiles.
Le Consulat général a distribué plus de 17.000 visas en 2005 à des ressortissants ivoiriens. Le taux de délivrance atteint 75% du nombre de demandeurs : trois visas accordés sur quatre demandes. Plus d’un tiers des visas délivrés sont valables un an. Les conditions d’accueil du public ont été considérablement améliorées. Un système de rendez-vous a été mis en place, pour éviter aux demandeurs une attente inconfortable. Des accords de partenariat ont été conclus avec plusieurs catégories d’acteurs ivoiriens des relations bilatérales.
La France est le premier partenaire financier du Fonds européen de Développement, le FED, toujours actif, qui a investi ces dernières années des dizaines de milliards de FCFA en Côte d’Ivoire. Cette participation française atteindra environ 1/4 du 9ème FED actuellement en cours de réalisation. Cela veut dire que la France débourse chaque année, par ce biais, plusieurs centaines de millions de F CFA qui s’investissent en Côte d’Ivoire. La France ne peut pas payer deux fois, à travers l’Union européenne et en bilatéral. Elle continue pourtant, malgré la situation, à développer en Côte d’Ivoire un courant de coopération bilatérale adapté aux circonstances, qui reste substantiel dans plusieurs secteurs. C’est ainsi que La France a ou allait envoyer en France, en 2006, une cinquantaine de boursiers ivoiriens, pour un budget de 164 millions de FCFA, qui s’ajoute à l’entretien des boursiers déjà présents sur son territoire. Elle consacre 242 millions de FCFA, toujours en 2006, à la coopération avec la Côte d’Ivoire en matière de culture et de francophonie. Cette coopération passe par le soutien à des associations ou à des initiatives locales, par l’appui aux Alliances franco-ivoiriennes d’Abengourou, de Korhogo, de Yamoussoukro et de San Pédro, par la réouverture progressive de la bibliothèque, puis du centre culturel français d’Abidjan, etc. Elle a également prévu de participer cette année, à hauteur de 328 millions de FCFA, au financement de plusieurs micro-projets en Côte d’Ivoire, à travers son Fonds social de Développement. Le ministre de la Coopération, Mme Brigitte GIRARDIN, a annoncé ainsi, à l’occasion de plusieurs visites de terrain qu’elle a effectuées au mois d’avril et au mois de juin derniers dans différentes régions de Côte d’Ivoire situées au Sud et au Nord de la zone de confiance, que La France financerait cette année plusieurs programmes de développement concrets. A titre d’exemple :
un projet de retenue collinaire dans le village agro-pastoral de Raffierkro, pour un montant de 146 millions de FCFA,
la réhabilitation d’une école à Mangouin, 2 millions de FCFA,
la construction d’un institut de sciences morales et politiques à Abidjan, pour 196 millions de FCFA.
La France vient d’accorder une subvention de 655 millions de FCFA au programme alimentaire mondial, pour financer le soutien aux cantines scolaires sur toute l’étendue du territoire ivoirien. Elle a signé il y a une dizaine de jours une convention de 325 millions de FCFA avec le Haut-Représentant des Nations Unies pour les Elections, en vue d’aider leur préparation et leur réalisation. Elle finalise actuellement une autre convention d’un montant équivalent, soit 325 millions de FCFA, qui la liera au Fonds ivoirien de Développement de la Formation professionnelle, essentielle en situation de sortie de crise, par le biais d’une plate-forme de services qui vient d’être créée. La France finançe encore des dizaines de missions d’études au profit de la Côte d’Ivoire et de déplacements de fonctionnaires ou d’experts ivoiriens dans des colloques, des réunions internationales ou des salons professionnels.
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