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vendredi, juillet 21, 2006

COMMUNIQUE FINAL du GIT-Séance du 20 juillet 2006

1-La 9e réunion ministérielle du Groupe de travail international (Gti) s'est tenue à Abidjan le 20 juillet 2006, sous la co-présidence de SEM Rodolphe Adada, ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Francophonie du Congo, et de M. Pierre Schori, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Côte d'Ivoire. Etaient présents les ministres du Bénin, de la France, du Nigeria, et de la République Sud-africaine, ainsi que le Haut Représentant pour les élections en Côte d'Ivoire et les Représentants des Etats-Unis d'Amérique, du Ghana, de la Guinée, du Niger, du Royaume-Uni, de la Cedeao, de l'Union africaine, de l'Union européenne, de l'Organisation internationale de la Francophonie et de la Banque mondiale.

2-Le Groupe a entendu l'intervention du Premier ministre sur l'état d'avancement de la feuille de route, en particulier la mise en œuvre des décisions prises par la réunion de haut niveau sur la Côte d'Ivoire tenue à Yamoussoukro le 5 juillet 2006, à l'initiative du secrétaire général des Nations Unies. Depuis cette réunion, le Premier ministre a veillé à mettre en œuvre avec détermination les mesures dont il a la responsabilité malgré les blocages inacceptables qui contrarient son action.

3-Le Groupe a renouvelé son plein soutien au Premier ministre et demande que les audiences foraines dont les modalités ont été arrêtées en concertation avec le chef de l'Etat, ne soient plus entravées et se poursuivent dans les meilleures conditions possibles de sécurité et de transparence. Le Groupe souligne que l'organisation des audiences foraines à l'échelle nationale constitue une étape cruciale pour l'identification de la population et l'établissement de listes électorales fiables, conditions indispensables à la tenue d'élections libres, régulières, ouvertes et transparentes. Le Groupe constate que la décision présidentielle habilitant la Cei à ajuster le code électoral n'a pas été prise dans le délai prévu. Il prend note de l'information donnée par le Premier ministre que cette décision serait prise dans les tout prochains jours par le chef de l'Etat, conformément aux conclusions de la réunion de Yamoussoukro du 5 juillet 2006.

4-Le Groupe prend note avec satisfaction de l'annonce par le Premier ministre de l'achèvement du pré-regroupement des Fdsci et des Fafn ; il salue la mise en place du Groupe de suivi sur le Ddr et l'invite à tout mettre en œuvre pour la vérification du pré-regroupement et la poursuite du dialogue militaire, dont le succès requiert l'intervention des autorités politiques. Le Groupe note en outre que le Premier ministre prendra des mesures urgentes pour le démantèlement et le désarmement des milices au plus tard le 31 juillet, comme décidé lors de la réunion de haut niveau de Yamoussoukro.

5-Le Groupe souligne l'importance de conduire le processus d'identification et de Ddr de manière concomitante.

6-Le Groupe condamne les graves désordres constatés les 17, 18 et 19 juillet, provoqués par des groupes organisés empêchant le bon déroulement des audiences foraines suite aux appels lancés par certains dirigeants politiques. Il souligne la nécessité pour les autorités nationales de prendre des mesures urgentes pour mettre fin aux entraves à la liberté de mouvement de la population et des forces impartiales. Le Groupe condamne également les incidents survenus le 15 juillet à la Rti, et espère que les mesures de sécurité seront renforcées à la Rti afin de préserver son indépendance.

7-Le Groupe soumet ces éléments à l'appréciation du Comité des Sanctions créé par la résolution 1572 (2004) du Conseil de sécurité afin qu'il puisse prendre les mesures appropriées contre les auteurs et les commanditaires de ces incidents, conformément à la déclaration présidentielle du Conseil du 19 juillet 2006.

8-Le Groupe tiendra sa prochaine réunion le 1er septembre 2006 en Côte d'Ivoire.

mercredi, juillet 19, 2006

DECLARATION du Conseil de Sécurité - 19 juillet 2006

New York, 19 juillet 2006


Le Conseil de sécurité salue l'initiative du Secrétaire général qui a organisé la réunion de haut niveau à Yamoussoukro le 5 juillet 2006. Il exhorte toutes les parties ivoiriennes à mettre en oeuvre, en étroite liaison avec les forces impartiales, tous leurs engagements pris à cette occasion portant sur les opérations d'identification, la création d'un groupe de suivi du programme de désarmement, démobilisation et réintégration, l'achèvement du processus de pré-cantonnement, l'ajustement du code électoral, le démantèlement des milices et l'établissement d'un code de conduite pour les médias, et les exhorte en particulier à tenir les délais agréés.

Le Conseil de sécurité exhorte également toutes les parties ivoiriennes à accélérer la mise en oeuvre de la feuille de route en vue de créer les conditions indispensables à la tenue d'élections libres, ouvertes, justes et transparentes d'ici au 31 octobre.

Le Conseil de sécurité demande au Groupe de Travail International (GTI) de veiller à la pleine application des décisions prises par les parties ivoiriennes à Yamoussoukro le 5 juillet 2006 et de lui rendre compte de son évaluation à ce sujet.

Le Conseil de sécurité souligne qu'il est totalement prêt à imposer des sanctions ciblées contre les personnes, désignées par le Comité établi par l'article 14 de la résolution 1572 (2004), qui sont reconnues, entre autres choses, comme faisant obstacle à la mise en oeuvre du processus de paix, y compris en attaquant ou en faisant obstacle à l'action de l'ONUCI, des forces françaises qui la soutiennent, du Haut Représentant pour les élections ou du GTI, comme responsables de violations graves des Droits de l'Homme et du droit international perpétrées en Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre 2002, incitant publiquement à la haine et à la violence ou agissant en violation de l'embargo sur les armes, conformément aux résolutions 1572 (2004) et 1643 (2005).

Le Conseil de sécurité se félicite de l'intention du Secrétaire général d'organiser une réunion sur la situation en Côte d'Ivoire en septembre 2006 en vue de dresser le bilan de la mise en oeuvre de la feuille de route définie par la résolution 1633 et le GTI, et de prendre toute autre mesure nécessaire. A cet égard, il prie le Secrétaire général de lui présenter un rapport avant la réunion de septembre détaillant les obstacles rencontrés dans la mise en oeuvre de la feuille de route et précisant les responsables.

Le Conseil de sécurité exprime son plein soutien au GTI et endosse son huitième communiqué final en date du 23 juin 2006. Il réaffirme son plein appui au Représentant spécial du Secrétaire général et au Haut Représentant pour les Elections./.

vendredi, juillet 07, 2006

Les relations franco-ivoiriennes en chiffres - 07 juillet 2006

On dénombre actuellement, en Côte d’Ivoire, 140 filiales de grands groupes français qui emploient près de 50.000 personnes et font vivre des centaines de milliers d’Ivoiriens. 400 petites et moyennes entreprises françaises de droit local opèrent aujourd’hui en CI. Elles font vivre des milliers de familles. Le chiffre d’affaires de toutes ces sociétés représente 30% environ du produit intérieur brut ivoirien et près de 50% des recettes fiscales de l’Etat ivoirien c’est-à-dire la moitié des rentrées fiscales du pays.

La CI reste le premier partenaire commercial de la France au sein de la zone Franc. Selon les Douanes ivoiriennes, la France occupe le premier rang des pays clients de la CI, avec 18% du total de ses exportations, et des pays fournisseurs, avec 28% du total de ses importations. Les échanges commerciaux bilatéraux se sont établis en 2006 à 1,1 millions d’Euros, soit plus de 700 millions de F CFA, répartis à peu près également entre exportations et importations. La France achete principalement en Côte d’Ivoire des produits agricoles et agro-alimentaires (banane, cacao, ananas, caoutchouc, bois scié, conserve de poisson), mais aussi, et de plus en plus, du pétrole brut et raffiné. Elle vend surtout des produits industriels, au détriment des biens de consommation courants en nette diminution ces dernières années, du fait sans doute de la crise qui frappe le budget des ménages ivoiriens.

En dépit de cette crise et des difficultés de toute sorte qu’elle engendre, les entrepreneurs, les commerçants, les banquiers et les investisseurs français souhaitent développer leurs relations avec la Côte d’Ivoire. Une semaine française, axée sur les vins et la gastronomie, a été organisée à Abidjan au début du mois de juin. Elle a connu un franc succès. La France renouvellera donc l’expérience dans d’autres secteurs, pour montrer qu'elle est confiante dans l’avenir de la Côte d’Ivoire. Une mission conjointe du Medef, le patronat français, et du ClAN, qui regroupe les investisseurs français attirés par l’Afrique, a prévu de séjourner en CI la semaine prochaine. Encore une manifestation d’espoir et une preuve de confiance. “ Les Français reviennent ”, entend-on dire ici ou là. Mais non, ils ne reviennent pas. Ils ne sont jamais partis. Car on n’abandonne pas ses amis dans les moments difficiles.

Le Consulat général a distribué plus de 17.000 visas en 2005 à des ressortissants ivoiriens. Le taux de délivrance atteint 75% du nombre de demandeurs : trois visas accordés sur quatre demandes. Plus d’un tiers des visas délivrés sont valables un an. Les conditions d’accueil du public ont été considérablement améliorées. Un système de rendez-vous a été mis en place, pour éviter aux demandeurs une attente inconfortable. Des accords de partenariat ont été conclus avec plusieurs catégories d’acteurs ivoiriens des relations bilatérales.

La France est le premier partenaire financier du Fonds européen de Développement, le FED, toujours actif, qui a investi ces dernières années des dizaines de milliards de FCFA en Côte d’Ivoire. Cette participation française atteindra environ 1/4 du 9ème FED actuellement en cours de réalisation. Cela veut dire que la France débourse chaque année, par ce biais, plusieurs centaines de millions de F CFA qui s’investissent en Côte d’Ivoire. La France ne peut pas payer deux fois, à travers l’Union européenne et en bilatéral. Elle continue pourtant, malgré la situation, à développer en Côte d’Ivoire un courant de coopération bilatérale adapté aux circonstances, qui reste substantiel dans plusieurs secteurs. C’est ainsi que La France a ou allait envoyer en France, en 2006, une cinquantaine de boursiers ivoiriens, pour un budget de 164 millions de FCFA, qui s’ajoute à l’entretien des boursiers déjà présents sur son territoire. Elle consacre 242 millions de FCFA, toujours en 2006, à la coopération avec la Côte d’Ivoire en matière de culture et de francophonie. Cette coopération passe par le soutien à des associations ou à des initiatives locales, par l’appui aux Alliances franco-ivoiriennes d’Abengourou, de Korhogo, de Yamoussoukro et de San Pédro, par la réouverture progressive de la bibliothèque, puis du centre culturel français d’Abidjan, etc. Elle a également prévu de participer cette année, à hauteur de 328 millions de FCFA, au financement de plusieurs micro-projets en Côte d’Ivoire, à travers son Fonds social de Développement. Le ministre de la Coopération, Mme Brigitte GIRARDIN, a annoncé ainsi, à l’occasion de plusieurs visites de terrain qu’elle a effectuées au mois d’avril et au mois de juin derniers dans différentes régions de Côte d’Ivoire situées au Sud et au Nord de la zone de confiance, que La France financerait cette année plusieurs programmes de développement concrets. A titre d’exemple :
un projet de retenue collinaire dans le village agro-pastoral de Raffierkro, pour un montant de 146 millions de FCFA,
la réhabilitation d’une école à Mangouin, 2 millions de FCFA,
la construction d’un institut de sciences morales et politiques à Abidjan, pour 196 millions de FCFA.

La France vient d’accorder une subvention de 655 millions de FCFA au programme alimentaire mondial, pour financer le soutien aux cantines scolaires sur toute l’étendue du territoire ivoirien. Elle a signé il y a une dizaine de jours une convention de 325 millions de FCFA avec le Haut-Représentant des Nations Unies pour les Elections, en vue d’aider leur préparation et leur réalisation. Elle finalise actuellement une autre convention d’un montant équivalent, soit 325 millions de FCFA, qui la liera au Fonds ivoirien de Développement de la Formation professionnelle, essentielle en situation de sortie de crise, par le biais d’une plate-forme de services qui vient d’être créée. La France finançe encore des dizaines de missions d’études au profit de la Côte d’Ivoire et de déplacements de fonctionnaires ou d’experts ivoiriens dans des colloques, des réunions internationales ou des salons professionnels.