Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général,
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,
Permettez-moi, tout d’abord, de vous remercier pour l’occasion que vous m’offrez, ce matin, de m’adresser au Conseil de sécurité à un moment important du processus de paix en Côte d’Ivoire.
Je voudrais, ici, féliciter la Chine pour le travail accompli pendant sa présidence mensuelle du Conseil de Sécurité.
J’aimerais également vous adresser les salutations et la reconnaissance du peuple ivoirien, du Chef d’Etat, SEM. Laurent GBAGBO, et du Gouvernement de transition, que j’ai l’insigne honneur de conduire, pour l’intérêt que le Conseil de Sécurité ne cesse de manifester à l’endroit de la Côte d’Ivoire, depuis l’éclatement de la crise, le 19 septembre 2002.
Il me plait particulièrement de vous exprimer ma gratitude pour le soutien constant que vous apportez à mon Gouvernement et à moi-même, depuis notre prise de fonction, en 28 décembre 2005.
A cet égard, je me félicite de l’accueil et de l’attention que vous avez bien voulu réserver à mon Ministre des Affaires étrangères, à l’occasion de son récent passage ici, le 29 mars dernier.
La réunion de ce matin m’offre l’agréable opportunité d’exprimer les sincères remerciements et la reconnaissance du peuple ivoirien au Secrétaire Général des Nations Unies, M. Kofi ANNAN, pour tout ce qu’il fait pour aider la Côte d’Ivoire à retrouver la paix et la stabilité. Sa présence dans cette salle, ne ce moment précis, en est le témoignage.
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général,
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,
Vous connaissez mieux que quiconque, la situation de la Côte d’Ivoire, et notamment celle du processus de paix et de réconciliation engagé depuis la signature des différents accords de Linas Marcoussis, d’Accra et Pretoria, avant l’adoption, le 21 octobre 2005, de la résolution 1633 (2005) du Conseil de sécurité.
Avant cette date, le processus était en difficulté. D’ailleurs, cette résolution a du être adoptée pour, à la fin du mandat du Président de la République, continuer le processus de paix engagé, mais qui n’avait pas connu de progrès suffisant, pour permettre la tenue des élections au 31 octobre 2005. Les différents protagonistes ivoiriens ne parvenaient pas à poser des actes significatifs allant dans le sens du respect des délais fixés par les accords. Le manque de confiance était manifeste dans la classe politique et notamment entre les principaux leaders politiques ivoiriens. La plupart était hors du pays, certains craignaient même d’être à Abidjan. La situation sécuritaire était au plus bas niveau et le Gouvernement de réconciliation nationale ne fonctionnait pas de façon optimale.
C’est dans ce contexte que le Conseil de sécurité a adopté, sur proposition de la CEDEAO et de l’Union Africaine, la Résolution 1633 (2005).
Depuis l’adoption de cette résolution, et l’espoir qu’elle a créé, la Côte d’Ivoire apprend, sous l’impulsion du Gouvernement de transition, à vivre dans une nouvelle ère. Ce contexte nouveau a permis au processus de paix et de réconciliation de connaître une évolution significative. Même si les choses ne se passent pas à un rythme accéléré, comme nous le souhaiterions, et comme le souhaite la majorité des observateurs ainsi que l’immense majorité des Ivoiriens, la situation générale paraît actuellement relativement satisfaisante.
Plusieurs organisations et hommes d’Etat d’Afrique et d’ailleurs ont apporté leurs concours aux leaders politiques ivoiriens et au peuple de Côte d’Ivoire afin de permettre au processus de paix de connaître des avancées notables. A cet égard, je voudrais exprimer la reconnaissance de la Côte d’Ivoire à la CEDEAO et à son Président Mamadou TANDJA, à l’Union Africaine, à son Président, Son Excellence Monsieur Denis SASSOU N’GUESSO, sans oublier le Président sortant Son Excellence Monsieur OBANSANDJO et le Médiateur de l’Union Africaine, le Président Thabo M’BEKI, ainsi que les autres Chefs d’Etat pour le rôle positif qu’ils ont eu à jouer.
Naturellement, je voudrais souligner, encore une fois, le rôle de premier plan joué par le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Kofi ANNAN, et par son équipe basée en Côte d’Ivoire, auxquels je joins évidemment les Forces françaises de l’opération Licorne.
Grâce aux efforts de tous et au ¨tandem¨ que j’ai pu former avec le Chef de l’Etat, SEM. Laurent GBAGBO, mon Gouvernement a pu prendre plusieurs initiatives allant dans le sens de la réconciliation et du retour de la confiance, notamment les deux rencontres de Yamoussoukro, dont vous avez eu échos :
- Le séminaire gouvernemental sur la feuille de route, du 9 au 11 février 2006 ;
- La reprise du dialogue militaire ;
- L’organisation des examens dans les régions centre, ouest et nord ;
- L’ouverture de l’Université dans la ville de Bouaké ;
- La rencontre entre les quatre principaux dirigeants politiques ivoiriens que sont Messieurs Laurent GBAGBO, Henri Konan BEDIE, Alassane OUATTARA et Guillaume SORO, qui s’est tenue le 28 février 2006.
Cette dernière réunion, réalisée pour la première fois en terre ivoirienne, depuis le début de la crise, a permis aux participants d’aborder, en ma présence, les questions essentielles qui les préoccupaient et dont le règlement devrait donner une impulsion nouvelle au processus.
C’est ainsi qu’ils se sont prononcés sur des questions clés, et ont pris des décisions qui ont permis le retour de la confiance entre eux et au sein de la classe politique.
Cela s’est traduit par des progrès importants au plan politique, militaire, administratif et économique.
Sur le plan politique, le rétablissement du dialogue entre les leaders politiques a permis de faire tomber le mur de méfiance qui les séparait, de lever les obstacles qui bloquaient l’application des accords signés, et d’ouvrir la voie à la mise en œuvre des mesures préconisées par la Résolution 1633 (2005) du Conseil de sécurité et la Feuille de route du GTI.
Sur le plan militaire, et conformément aux décisions de la réunion des leaders, les anciennes forces belligérantes, encouragées par le climat de détente politique, ont, à leur tour, repris le cours de leurs échanges interrompus depuis plus d’un an, en vue de l’application du programme DDR. Ce contact inter Etats-majors était bien engagé lorsqu’un malheureux incident intervenu à Tiébissou, le 12 avril 2006, en a ralenti l’évolution. Il ne s’agit cependant pas d’une rupture définitive, car tout est mis en œuvre en vue d’une reprise prochaine de ces pourparlers.
Sur le plan administratif, l’esprit nouveau, né du Sommet de Yamoussoukro, a permis d’engager partiellement le processus de redéploiement de l’Administration dans les régions sous contrôle des Forces Nouvelles dans les domaines de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur.
Ainsi, il a été possible d’organiser, dans des conditions satisfaisantes, les examens scolaires, qui n’avaient pu se faire, depuis plus de trois ans, dans toutes les régions administrées par les Forces Nouvelles.
L’Université de la ville de Bouaké, place forte des Forces Nouvelles, a rouvert ses portes, le 28 mars 2006.
Cet arrêt forcé de l’enseignement dans ces régions a décuplé le désir des élèves de s’instruire. Et c’est avec une intense émotion que, lors de mon premier voyage à Bouaké début février 2006, j’ai lu les messages inscrits sur les pancartes que portaient les enfants et qui s’adressaient aux adultes que nous sommes : « Nous voulons aller à l’école », « Nous voulons des examens » .
Désormais, c’est chose faite, et je m’en réjouis avec les institutions spécialisées des Nations Unies qui appelaient à la reprise des cours et que je remercie au passage.
Sur le plan économique, l’apaisement du climat politique a redonné l’espoir aux opérateurs économiques que j’ai conviés, le 31 mars 2006, à un forum au cours duquel tous les problèmes liés à la poursuite et aux conditions d’exercer de leurs activités ont fait l’objet de franches discussions. Une véritable convergence de vues s’est dégagée à l’issue de nos travaux.
A l’occasion de ces assises, tous les partenaires du secteur ont insisté, entre autres, sur l’environnement sécuritaire dont la responsabilité première relève de l’autorité de l’Etat. Or, l’affaiblissement de celui-ci, consécutif à la guerre, rend extrêmement difficile l’accomplissement de cette tâche.
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellence Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,
Ces avancées que je viens d’évoquer doivent, à mon sens, s’inscrire dans une perspective irréversible. Il faut consolider ce climat de confiance qui revient progressivement.
Le processus de paix et de réconciliation se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins et la lecture que j’en fais, avec la communauté internationale, que vous représentez, est que le processus de sortie de crise évolue, certes lentement, mais sûrement dans la bonne direction. D’ailleurs, les récentes déclarations de votre Conseil l’attestent.
Si nous devons tous nous réjouir de l’évolution positive que connaît d’une manière générale le processus de paix, et nous en féliciter, force est de reconnaître que certaines résistances subsistent encore qui l’empêchent d’aller rapidement conformément au calendrier établi par la Feuille de route du GTI. Cela s’observe malheureusement au moment où le Gouvernement œuvre, avec détermination, à la résolution des problèmes fondamentaux, nés de la crise, et dont la solution doit permettre la création de conditions idéales en vue de l’organisation d’élections ouvertes, justes, démocratiques et transparentes en octobre 2006. A ce propos, je voudrais saluer l’arrivée en Côte d’Ivoire, le 19 avril 2006, de M. Gérard STOUDMANN, nouveau Haut Représentant des Nations Unies pour les Elections en Côte d’Ivoire, et l’assurer de la coopération pleine et entière de mon Gouvernement.
A ce stade du processus où des décisions importantes doivent être prises, je me permets d’appeler à la vigilance et au redoublement des efforts de tous en vue de la résolution des problèmes restants. A cet égard, je me félicite du contenu du 8ème Rapport du Secrétaire général sur la situation en Côte d’Ivoire, et notamment du paragraphe 74 de ce document, dans lequel, M. ANNAN se préoccupe du retard accusé par le processus et des conséquences que de nouveaux blocages pourraient entraîner, si les échéances fixées par la Résolution 1633 (2005) n’étaient pas respectées.
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,
Il faut aider à consolider les avancées politiques engagées par le Gouvernement ivoirien et à arriver à un véritable pacte de cohésion et de stabilité politique, ciment de tout processus de sortie de crise. Le temps est venu de transformer les efforts ponctuels en une action collective de la communauté internationale.
C’est pourquoi mon Gouvernement fait sien le souhait du Secrétaire Général des Nations Unies de voir renforcer davantage les capacités humaines, matérielles et financières de l’ONUCI afin de lui permettre d’assurer la sécurisation de tout le processus de sortie de crise, jusqu’à son terme.
Comme vous le savez, les étapes de ce processus tels que ceux du DDR, de la sécurité des opérations électorales et des populations lors des élections, nécessitent un environnement sécurisé et de confiance que seule une présence militaire dissuasive peut assurer.
Par ailleurs, l’importance des élections d’octobre 2006 pour la Côte d’Ivoire et pour la communauté internationale milite en faveur de la mise en place d’un dispositif qui puisse permettre que tout se fasse dans la transparence et la justice, afin d’éviter toute velléité de contestation des résultats des consultations électorales.
S’agissant particulièrement du renforcement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, je voudrais spécialement souligner que ce point constitue la préoccupation majeure de tous les Ivoiriens et, partant, du Gouvernement de la Côte d’Ivoire. En effet, non seulement il faudrait garantir la sécurité à Abidjan mais aussi à l’intérieur du pays, notamment à Bouaké et dans la région Ouest.
Cette région, comme vous le savez, fait frontière avec la République du Libéria qui partage beaucoup de similitudes ethniques et culturelles avec les populations de l’Ouest ivoirien. Assurer une bonne sécurité de cette partie de la Côte d’Ivoire équivaut à assurer davantage la sécurité du Libéria et renforcer le processus démocratique naissant dans ce pays.
Le cas échéant, tout débordement incontrôlé qui déstabiliseraient l’Ouest ivoirien auraient inévitablement des conséquences fâcheuses au Libéria, voire au-delà, en Sierra Leone. A cet égard, mon Gouvernement se réjouit du retour des Casques bleus de l’ONUCI dans cette région du pays. Il s’engage à leur assurer, ainsi qu’à toutes les forces impartiales, la liberté de mouvement et de travail.
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,
Je sais qu’un projet de Résolution portant sur l’augmentation des effectifs de l’ONUCI est en cours d’élaboration au sein du Conseil. Si mon Gouvernement salue cette initiative, il serait souhaitable cependant que le nombre des Casques bleus supplémentaires devant être mis à la disposition de l’ONUCI se rapproche, le plus possible, de celui demandé par le Secrétaire général. Ainsi l’ONUCI pourrait être capable d’apporter un soutien dynamique et efficace au Gouvernement dans la mise en œuvre de la Feuille de route du GTI.
Pour toutes ces raisons, je voudrais vous prier, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil, de soutenir la proposition du Secrétaire général et de l’examiner très favorablement.
Sachez cependant que je reste, convaincu que sans la ferme volonté politique des principaux acteurs de la crise et de tous les Ivoiriens, de sortir la Côte d’Ivoire du conflit actuel, aucune présence militaire, aucune pression internationale ne peuvent régler la crise que traverse le pays. Mais il est aussi vrai que sans le soutien de la communauté internationale, les Ivoiriens ne pourront pas, tout seuls, régler tous les problèmes majeurs du conflit ivoirien.
Oeuvrons donc tous ensemble, pour le retour à la paix en Côte d’Ivoire, pour que rien ni personne ne nous fasse revenir en arrière. C’est dans cet esprit que j’invite également tous nos partenaires internationaux, et notamment ceux des secteurs du développement, au respect de leur engagement conformément au point 3 du Chapitre 8 de l’Accord de Linas Marcoussis portant sur le redressement économique et la nécessité de la cohésion sociale. Celui-ci stipule en effet que « la Table ronde de Linas Marcoussis recommande aux Institutions internationales et aux partenaires au développement internationaux d’apporter leur concours au processus de redressement de la Côte d’Ivoire ».
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,
Je vous sais infiniment gré de votre accueil et de l’attention que vous avez bien voulu m’accorder.
Je vous remercie.
Ensemble avec le PANEL-CI , choisissons nos leaders de demain
vendredi, avril 28, 2006
jeudi, avril 27, 2006
Point de Presse de la Présidence de la republique 26 avril 2006
En exécution de la feuille de route établie par le Groupe de Travail International (GTI) conformément à la résolution 1633 du Conseil de Sécurité de l'ONU, le processus de sortie de crise va enregistrer les jours à venir, la mise en œuvre simultanée des opérations de désarmement, de redéploiement de l'administration et les audiences foraines en vue de l'identification des électeurs. La réalisation de toutes ces opérations devrait déboucher sur la réunification du pays et la tenue d'élections justes, transparentes, ouvertes à tous et jugées par tous comme étant l'objectif à atteindre pour la paix en Côte d'Ivoire…
C'est alors qu'il est servi à la communauté nationale et internationale un débat entretenu par certains acteurs politiques et amplifié par la presse sur la question de savoir, du désarmement et de l'identification, quelle opération devrait précéder l'autre ?
Ce débat en entraîne un autre qui est la question de l'honnêteté et de la bonne foi dans l'application des accords signés par les différents acteurs et le respect des engagements pris.
Devant la persistance de ces débats, le Président de la République estime qu'il convient de donner aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens des repères devant permettre à chacun de forger sa propre opinion.
1. De la chronologie des opérations de désarmement et d'identification
Sur cette question, la position du Président de la République est claire. Elle a été énoncée à diverses occasions. Quelle est cette position ?
- La guerre a provoqué des déplacements massifs de populations vers les zones sous contrôle gouvernemental. Ces populations ont fui les combats, mais surtout les massacres, les exactions, les humiliations et les sévices de toutes sortes. Comment peut-on, alors que les audiences foraines exigent que les intéressés se présentent à leurs lieux de naissance, obtenir de ceux qui ont fui les rebelles qu'ils viennent les retrouver alors que ceux-ci sont toujours armés et continuent de sévir ?
- Les magistrats qui doivent tenir les audiences foraines et les Préfets et Sous-préfets qui doivent les encadrer sont des fonctionnaires d'autorité. Ils ne peuvent recevoir d'ordres que de leurs supérieurs hiérarchiques (Ministres ou Directeurs centraux) et ne peuvent faire exécuter les décisions qu'ils prennent que par des agents de l'Etat. De la même manière leur sécurité ne peut être assurée que par les agents de l'Etat.
- Ces agents de l'Etat ont été victimes de massacres, d'humiliations et d'exactions de tous ordres. Certains ont même été séquestrés et tués. Les rebelles ont notamment torturé et tué M. Karim KONAN, le Directeur régional de l'Education Nationale de Man, et séquestré M. OULAÏ GOUZIGBO, Sous Préfet de Sirasso qui est décédé peu après sa libération. Comment peut-on dans ces conditions demander à ceux qui ont survécu à ces exactions ou massacres, de rejoindre leurs lieux de travail alors que les rebelles sont encore en armes ?
Pour le Président de la République, le désarmement puis le redéploiement de l'administration doivent donc précéder les audiences foraines. Ce n'est pas un préalable. C'est une simple question de bon sens et de logique. Et le Président maintient toujours personnellement cette position.
Mais, le désarmement, le redéploiement de l'administration et l'organisation et la tenue des élections relèvent du Premier Ministre et du Gouvernement. C'est pourquoi, le Président de la République, garant du fonctionnement régulier des institutions, accepte la concomitance de ces opérations de sortie de crise parce que les personnes ou les organes chargés de leur mise en œuvre l'ont acceptée.
Ce qui par contre est inacceptable, c'est de faire croire que la concomitance est contenue dans un quelconque accord ou communiqué qui aurait été signé par le Président de la République.
Ceux qui énoncent cette contre-vérité citent le communiqué de la rencontre que le Président de la République et le Premier Ministre ont eue à Yamoussoukro avec l'opposition politique et armée. Voici ce que dit le communiqué de la rencontre tenue à Yamoussoukro le 28 Février 2006 :
" Sur l'identification et les élections : les participants se sont réjouis de la possibilité technique de conduire simultanément les opérations d'identification et les opérations électorales. Ils ont invité le gouvernement à tendre vers la gratuité des audiences foraines pour permettre une identification des populations et assurer à tous l'exercice du droit constitutionnel de vote ".
Le communiqué de Yamoussoukro a donc utilisé le mot " simultanément ", mais seulement pour parler de la possibilité de conduire techniquement l'identification et le recensement électoral. Jamais ce communiqué n'a parlé d'opérations concomitantes de désarmement et d'identification.
Les acteurs politiques utilisent aussi parfois la conférence que le Président de la République du CONGO, Président de l'Union Africaine (UA) a prononcée lors de sa visite en Côte d'Ivoire, pour dire que la concomitance du désarmement et de l'identification a été acceptée par tous. Le Président de la République informe ceux qui l'ignorent qu'aucun accord n'a été signé et qu'aucun communiqué final n'a sanctionné cette visite. Les propos du Président de l'UA sont les siens et n'engagent pas les personnes qu'il a rencontrées.
Le Président de la République saisit cette occasion pour se prononcer sur l'honnêteté dans l'application des accords et des communiqués.
2. De l'honnêteté et de la bonne foi dans l'application des accords signés.
A l'occasion du débat sur la chronologie des opérations de désarmement et d'identification dans la conduite du processus de paix, certains acteurs politiques se sont élevés contre la mauvaise foi et la malhonnêteté de ceux qui sont chargés d'appliquer les accords.
A ceux-là, le Président de la République demande de lire les accords et communiqués signés avant d'en parler et d'accuser. Cela leur permettrait de voir que ceux qui appliquent ces accords avec malhonnêteté et ruse ne sont pas ceux qu'ils croient. Il leur demande d'être, eux aussi, de bonne foi et de dire ce qui a été fait jusque-là par les uns et par les autres. Il leur demande de faire preuve de courage et de responsabilité pour désigner avec honnêteté ceux qui n'ont jamais tenu les engagements pris. Pour sa part :
- le Président de la République a d'abord appliqué l'accord de Linas Marcoussis qu'il n'a pas signé et à la conclusion duquel l'Etat de Côte d'Ivoire n'avait pas été invité ;
- il a accepté la formation d'un gouvernement comprenant des rebelles et dirigé par un Premier Ministre proposé par la communauté internationale ;
- il a fait voter une loi d'amnistie en faveur des rebelles et ordonné la réintégration des déserteurs dans l'armée nationale ;
- il a fait voter toutes les réformes législatives et pris les décisions présidentielles à la demande du Médiateur, pour apporter les corrections aux textes de lois votés par l'Assemblée Nationale lorsqu'il avait été jugé que ces textes n'étaient pas conformes à l'esprit de Linas Marcoussis ;
- il a, par décision présidentielle, accordé l'éligibilité à des personnes qui, autrement, n'auraient pas été éligibles parce que déclarées inéligibles par les plus hautes juridictions ivoiriennes.
Après avoir fait tout cela pour obtenir la paix pour la Côte d'Ivoire, le Président de la République est le seul, de tous les acteurs politiques ivoiriens, à pouvoir réclamer l'honnêteté et la bonne foi dans l'application des accords et communiqués signés.
Le Président de la République profite de l'occasion du débat sur l'honnêteté pour dire que l'Accord de Pretoria doit être appliqué en totalité et avec rigueur.
Cet accord a mis sur pied une Commission Electorale Indépendante ad hoc composée de représentants de partis politiques et des mouvements rebelles comme on n'en voit nulle part ailleurs. L'accord de Pretoria indique clairement que " la CEI est la seule institution responsable du processus électoral " (paragraphe 6 du communiqué final de la réunion d'évaluation du 30 Juin 2005). Il a cependant retiré à ladite commission deux importants pouvoirs :
- le premier est celui de recevoir et d'apprécier les candidatures à l'élection présidentielle. Cela a déjà été fait par le Président de la République en vertu du point 14 de l'accord de Pretoria et de la correspondance du 11 avril 2005 par laquelle le Médiateur a demandé au Président de la République d'accorder l'éligibilité à tous les signataires de l'Accord de Linas Marcoussis qui le désirent ;
- le deuxième est le pouvoir de désigner l'opérateur chargé de l'établissement de la liste électorale et des cartes d'électeurs. Cet opérateur, l'INS, a été déjà désigné par l'accord de Pretoria (paragraphe 6 du communiqué final de la réunion d'évaluation du 30 Juin 2005)..
- La CEI n'a donc pas compétence pour désigner l'opérateur qui doit établir les listes électorales et les cartes d'électeurs. Il est seulement demandé à l'INS par le même point 6 du communiqué de rendre compte à la CEI. Mais Il ne lui est demandé que de rendre compte.
Le Président de la république rappelle que la liste électorale est, en vertu de la loi, permanente. Ce qui reste à faire, c'est de la mettre à jour et non d'en créer une nouvelle. Dès lors, la désignation d'un opérateur autre que l'INS pour établir une nouvelle liste électorale constitue une remise en cause de tous les accords. Toutes les manœuvres actuelles ou à venir tendant à remettre en cause la désignation de l'INS constituent une remise en cause de l'intégralité de l'Accord de Pretoria. En effet l'ensemble des engagements contenus dans les accords formant un tout indissociable, si un seul de ces engagements venait à être rompu ou remis en cause, cela reviendrait à une négation de tous les autres engagements pris dans le cadre du processus de paix.
Il s'agit donc à présent d'appliquer avec honnêteté, courage et responsabilité les accords déjà conclus. Nous n'avons plus besoin de nouveaux accords. L'application honnête de ceux qui existent suffit à nous sortir de la crise.
DESIRE TAGRO
Porte parole de la Présidence de la République
C'est alors qu'il est servi à la communauté nationale et internationale un débat entretenu par certains acteurs politiques et amplifié par la presse sur la question de savoir, du désarmement et de l'identification, quelle opération devrait précéder l'autre ?
Ce débat en entraîne un autre qui est la question de l'honnêteté et de la bonne foi dans l'application des accords signés par les différents acteurs et le respect des engagements pris.
Devant la persistance de ces débats, le Président de la République estime qu'il convient de donner aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens des repères devant permettre à chacun de forger sa propre opinion.
1. De la chronologie des opérations de désarmement et d'identification
Sur cette question, la position du Président de la République est claire. Elle a été énoncée à diverses occasions. Quelle est cette position ?
- La guerre a provoqué des déplacements massifs de populations vers les zones sous contrôle gouvernemental. Ces populations ont fui les combats, mais surtout les massacres, les exactions, les humiliations et les sévices de toutes sortes. Comment peut-on, alors que les audiences foraines exigent que les intéressés se présentent à leurs lieux de naissance, obtenir de ceux qui ont fui les rebelles qu'ils viennent les retrouver alors que ceux-ci sont toujours armés et continuent de sévir ?
- Les magistrats qui doivent tenir les audiences foraines et les Préfets et Sous-préfets qui doivent les encadrer sont des fonctionnaires d'autorité. Ils ne peuvent recevoir d'ordres que de leurs supérieurs hiérarchiques (Ministres ou Directeurs centraux) et ne peuvent faire exécuter les décisions qu'ils prennent que par des agents de l'Etat. De la même manière leur sécurité ne peut être assurée que par les agents de l'Etat.
- Ces agents de l'Etat ont été victimes de massacres, d'humiliations et d'exactions de tous ordres. Certains ont même été séquestrés et tués. Les rebelles ont notamment torturé et tué M. Karim KONAN, le Directeur régional de l'Education Nationale de Man, et séquestré M. OULAÏ GOUZIGBO, Sous Préfet de Sirasso qui est décédé peu après sa libération. Comment peut-on dans ces conditions demander à ceux qui ont survécu à ces exactions ou massacres, de rejoindre leurs lieux de travail alors que les rebelles sont encore en armes ?
Pour le Président de la République, le désarmement puis le redéploiement de l'administration doivent donc précéder les audiences foraines. Ce n'est pas un préalable. C'est une simple question de bon sens et de logique. Et le Président maintient toujours personnellement cette position.
Mais, le désarmement, le redéploiement de l'administration et l'organisation et la tenue des élections relèvent du Premier Ministre et du Gouvernement. C'est pourquoi, le Président de la République, garant du fonctionnement régulier des institutions, accepte la concomitance de ces opérations de sortie de crise parce que les personnes ou les organes chargés de leur mise en œuvre l'ont acceptée.
Ce qui par contre est inacceptable, c'est de faire croire que la concomitance est contenue dans un quelconque accord ou communiqué qui aurait été signé par le Président de la République.
Ceux qui énoncent cette contre-vérité citent le communiqué de la rencontre que le Président de la République et le Premier Ministre ont eue à Yamoussoukro avec l'opposition politique et armée. Voici ce que dit le communiqué de la rencontre tenue à Yamoussoukro le 28 Février 2006 :
" Sur l'identification et les élections : les participants se sont réjouis de la possibilité technique de conduire simultanément les opérations d'identification et les opérations électorales. Ils ont invité le gouvernement à tendre vers la gratuité des audiences foraines pour permettre une identification des populations et assurer à tous l'exercice du droit constitutionnel de vote ".
Le communiqué de Yamoussoukro a donc utilisé le mot " simultanément ", mais seulement pour parler de la possibilité de conduire techniquement l'identification et le recensement électoral. Jamais ce communiqué n'a parlé d'opérations concomitantes de désarmement et d'identification.
Les acteurs politiques utilisent aussi parfois la conférence que le Président de la République du CONGO, Président de l'Union Africaine (UA) a prononcée lors de sa visite en Côte d'Ivoire, pour dire que la concomitance du désarmement et de l'identification a été acceptée par tous. Le Président de la République informe ceux qui l'ignorent qu'aucun accord n'a été signé et qu'aucun communiqué final n'a sanctionné cette visite. Les propos du Président de l'UA sont les siens et n'engagent pas les personnes qu'il a rencontrées.
Le Président de la République saisit cette occasion pour se prononcer sur l'honnêteté dans l'application des accords et des communiqués.
2. De l'honnêteté et de la bonne foi dans l'application des accords signés.
A l'occasion du débat sur la chronologie des opérations de désarmement et d'identification dans la conduite du processus de paix, certains acteurs politiques se sont élevés contre la mauvaise foi et la malhonnêteté de ceux qui sont chargés d'appliquer les accords.
A ceux-là, le Président de la République demande de lire les accords et communiqués signés avant d'en parler et d'accuser. Cela leur permettrait de voir que ceux qui appliquent ces accords avec malhonnêteté et ruse ne sont pas ceux qu'ils croient. Il leur demande d'être, eux aussi, de bonne foi et de dire ce qui a été fait jusque-là par les uns et par les autres. Il leur demande de faire preuve de courage et de responsabilité pour désigner avec honnêteté ceux qui n'ont jamais tenu les engagements pris. Pour sa part :
- le Président de la République a d'abord appliqué l'accord de Linas Marcoussis qu'il n'a pas signé et à la conclusion duquel l'Etat de Côte d'Ivoire n'avait pas été invité ;
- il a accepté la formation d'un gouvernement comprenant des rebelles et dirigé par un Premier Ministre proposé par la communauté internationale ;
- il a fait voter une loi d'amnistie en faveur des rebelles et ordonné la réintégration des déserteurs dans l'armée nationale ;
- il a fait voter toutes les réformes législatives et pris les décisions présidentielles à la demande du Médiateur, pour apporter les corrections aux textes de lois votés par l'Assemblée Nationale lorsqu'il avait été jugé que ces textes n'étaient pas conformes à l'esprit de Linas Marcoussis ;
- il a, par décision présidentielle, accordé l'éligibilité à des personnes qui, autrement, n'auraient pas été éligibles parce que déclarées inéligibles par les plus hautes juridictions ivoiriennes.
Après avoir fait tout cela pour obtenir la paix pour la Côte d'Ivoire, le Président de la République est le seul, de tous les acteurs politiques ivoiriens, à pouvoir réclamer l'honnêteté et la bonne foi dans l'application des accords et communiqués signés.
Le Président de la République profite de l'occasion du débat sur l'honnêteté pour dire que l'Accord de Pretoria doit être appliqué en totalité et avec rigueur.
Cet accord a mis sur pied une Commission Electorale Indépendante ad hoc composée de représentants de partis politiques et des mouvements rebelles comme on n'en voit nulle part ailleurs. L'accord de Pretoria indique clairement que " la CEI est la seule institution responsable du processus électoral " (paragraphe 6 du communiqué final de la réunion d'évaluation du 30 Juin 2005). Il a cependant retiré à ladite commission deux importants pouvoirs :
- le premier est celui de recevoir et d'apprécier les candidatures à l'élection présidentielle. Cela a déjà été fait par le Président de la République en vertu du point 14 de l'accord de Pretoria et de la correspondance du 11 avril 2005 par laquelle le Médiateur a demandé au Président de la République d'accorder l'éligibilité à tous les signataires de l'Accord de Linas Marcoussis qui le désirent ;
- le deuxième est le pouvoir de désigner l'opérateur chargé de l'établissement de la liste électorale et des cartes d'électeurs. Cet opérateur, l'INS, a été déjà désigné par l'accord de Pretoria (paragraphe 6 du communiqué final de la réunion d'évaluation du 30 Juin 2005)..
- La CEI n'a donc pas compétence pour désigner l'opérateur qui doit établir les listes électorales et les cartes d'électeurs. Il est seulement demandé à l'INS par le même point 6 du communiqué de rendre compte à la CEI. Mais Il ne lui est demandé que de rendre compte.
Le Président de la république rappelle que la liste électorale est, en vertu de la loi, permanente. Ce qui reste à faire, c'est de la mettre à jour et non d'en créer une nouvelle. Dès lors, la désignation d'un opérateur autre que l'INS pour établir une nouvelle liste électorale constitue une remise en cause de tous les accords. Toutes les manœuvres actuelles ou à venir tendant à remettre en cause la désignation de l'INS constituent une remise en cause de l'intégralité de l'Accord de Pretoria. En effet l'ensemble des engagements contenus dans les accords formant un tout indissociable, si un seul de ces engagements venait à être rompu ou remis en cause, cela reviendrait à une négation de tous les autres engagements pris dans le cadre du processus de paix.
Il s'agit donc à présent d'appliquer avec honnêteté, courage et responsabilité les accords déjà conclus. Nous n'avons plus besoin de nouveaux accords. L'application honnête de ceux qui existent suffit à nous sortir de la crise.
DESIRE TAGRO
Porte parole de la Présidence de la République
vendredi, avril 21, 2006
COMMUNIQUE FINAL du GIT-Séance du 20 avril 2006
1. La 6ème réunion ministérielle du Groupe de travail international (GTI) s’est tenue à Abidjan le 20 avril 2006, sous la co-présidence de SEM Rodolphe Adada, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Francophonie du Congo et de M. Pierre Schori, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire. Etaient présents, des ministres de la France, du Ghana, de la Guinée, du Nigeria, de la République sud-africaine, ainsi que le commissaire Paix et Sécurité de l’Union africaine, le Haut représentant des Nations unies pour les élections en Côte d’Ivoire, le Secrétaire exécutif de la CEDEAO et les Représentants des Etats-Unis d’Amérique, du Bénin, du Niger, du Royaume-Uni, de l’Union africaine, de l’Union européenne et de l’Organisation Internationale de la Francophonie.
2. Le groupe a examiné le rapport du groupe de médiation. Il a également entendu le Premier ministre, le coordonnateur général du Programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion (PNDDR), le président de la Commission électorale indépendante (CEI) et le président par intérim de la Commission nationale de supervision de l’identification (CNSI).
3. Tout en relevant les progrès réalisés, le groupe a exprimé sa vive préoccupation face aux retards pris dans le démarrage d’activités essentielles pour la mise en œuvre effective de la feuille de route. A cet égard, le groupe souligne qu’à mi- parcours du processus, le temps presse. En ce sens, il partage la préoccupation du Secrétaire général des Nations unies exprimée au paragraphe 74 de son huitième rapport sur l’ONUCI quant au retard dans le processus de paix et aux conséquences que de nouveaux blocages pourraient entraîner si les échéances fixées n’étaient pas tenues.
4. Animé de ce souci de l’urgence et conformément aux échéances fixées par la résolution 1633 du Conseil de sécurité, notamment la tenue des élections au plus tard le 31 octobre 2006, le groupe a mis l’accent sur les éléments suivants:
a)- il a rappelé que les principaux dirigeants politiques ivoiriens ont accepté lors de leur réunion du 08 avril 2006, sous l’égide du Président Denis Sassou N’guesso, président de l’Union africaine, l’organisation concomitante et immédiate des opérations de désarmement et d’identification;
b)- le Gouvernement de réconciliation nationale devra prendre à cet effet toutes dispositions nécessaires en vue d’accélérer les opérations concomitantes de désarmement et d’identification;
c)- le processus d’identification des citoyens permettra l’établissement de listes électorales fiables de nature à conduire à des élections libres, justes, ouvertes et transparentes.
d)- le Groupe s’inquiète du coup d’arrêt donné au dialogue entre les états-majors des FANCI et des Forces nouvelles et les encourage vivement à rétablir, sous l’impulsion du gouvernement, les conditions nécessaires à son bon déroulement, en vue d’assurer le démarrage effectif du processus de DDR et de démantèlement des milices, dans les
plus brefs délais ;
e)- la réussite des opérations d’identification et de désarmement exige l’engagement politique actif et irréversible des acteurs politiques. A cet égard, le Groupe demande instamment à toutes les parties ivoiriennes de sensibiliser leurs sympathisants à la nécessité impérieuse de respecter tous les engagements pris au cours des réunions de Yamoussoukro 1 et II.
5- Face à la persistance des violations des résolutions 1633 et 1643, relevées par le huitième rapport du Secrétaire général des Nations unies au Conseil de sécurité sur l’ONUCI, le GTI invite le comité mis en place par la résolution 1572 à en identifier les responsables et à ne pas hésiter à recourir aux mesures appropriées.
6- Le Groupe a accueilli M. Gérard Stoudmann en sa qualité de nouveau Haut représentant des Nations unies pour les élections en Côte d’Ivoire. Le Groupe invite toutes les parties à coopérer avec ce dernier en vue d’accélérer les préparatifs conduisant à la tenue d’élections crédibles.
7- Le Groupe se félicite du redéploiement des troupes de l’ONUCI à l’Ouest du pays et
demande aux autorités et communautés locales de continuer de coopérer étroitement avec la
mission Nations unies, notamment en respectant la liberté de mouvement des forces impartiales.
8- Le Groupe recommande que le Conseil de sécurité fournisse dès que possible à l’ONUCI les moyens nécessaires supplémentaires à l’accomplissement de sa mission.
9- Le Groupe tiendra sa prochaine réunion le 19 mai 2006 en Côte d’Ivoire.
2. Le groupe a examiné le rapport du groupe de médiation. Il a également entendu le Premier ministre, le coordonnateur général du Programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion (PNDDR), le président de la Commission électorale indépendante (CEI) et le président par intérim de la Commission nationale de supervision de l’identification (CNSI).
3. Tout en relevant les progrès réalisés, le groupe a exprimé sa vive préoccupation face aux retards pris dans le démarrage d’activités essentielles pour la mise en œuvre effective de la feuille de route. A cet égard, le groupe souligne qu’à mi- parcours du processus, le temps presse. En ce sens, il partage la préoccupation du Secrétaire général des Nations unies exprimée au paragraphe 74 de son huitième rapport sur l’ONUCI quant au retard dans le processus de paix et aux conséquences que de nouveaux blocages pourraient entraîner si les échéances fixées n’étaient pas tenues.
4. Animé de ce souci de l’urgence et conformément aux échéances fixées par la résolution 1633 du Conseil de sécurité, notamment la tenue des élections au plus tard le 31 octobre 2006, le groupe a mis l’accent sur les éléments suivants:
a)- il a rappelé que les principaux dirigeants politiques ivoiriens ont accepté lors de leur réunion du 08 avril 2006, sous l’égide du Président Denis Sassou N’guesso, président de l’Union africaine, l’organisation concomitante et immédiate des opérations de désarmement et d’identification;
b)- le Gouvernement de réconciliation nationale devra prendre à cet effet toutes dispositions nécessaires en vue d’accélérer les opérations concomitantes de désarmement et d’identification;
c)- le processus d’identification des citoyens permettra l’établissement de listes électorales fiables de nature à conduire à des élections libres, justes, ouvertes et transparentes.
d)- le Groupe s’inquiète du coup d’arrêt donné au dialogue entre les états-majors des FANCI et des Forces nouvelles et les encourage vivement à rétablir, sous l’impulsion du gouvernement, les conditions nécessaires à son bon déroulement, en vue d’assurer le démarrage effectif du processus de DDR et de démantèlement des milices, dans les
plus brefs délais ;
e)- la réussite des opérations d’identification et de désarmement exige l’engagement politique actif et irréversible des acteurs politiques. A cet égard, le Groupe demande instamment à toutes les parties ivoiriennes de sensibiliser leurs sympathisants à la nécessité impérieuse de respecter tous les engagements pris au cours des réunions de Yamoussoukro 1 et II.
5- Face à la persistance des violations des résolutions 1633 et 1643, relevées par le huitième rapport du Secrétaire général des Nations unies au Conseil de sécurité sur l’ONUCI, le GTI invite le comité mis en place par la résolution 1572 à en identifier les responsables et à ne pas hésiter à recourir aux mesures appropriées.
6- Le Groupe a accueilli M. Gérard Stoudmann en sa qualité de nouveau Haut représentant des Nations unies pour les élections en Côte d’Ivoire. Le Groupe invite toutes les parties à coopérer avec ce dernier en vue d’accélérer les préparatifs conduisant à la tenue d’élections crédibles.
7- Le Groupe se félicite du redéploiement des troupes de l’ONUCI à l’Ouest du pays et
demande aux autorités et communautés locales de continuer de coopérer étroitement avec la
mission Nations unies, notamment en respectant la liberté de mouvement des forces impartiales.
8- Le Groupe recommande que le Conseil de sécurité fournisse dès que possible à l’ONUCI les moyens nécessaires supplémentaires à l’accomplissement de sa mission.
9- Le Groupe tiendra sa prochaine réunion le 19 mai 2006 en Côte d’Ivoire.
mardi, avril 18, 2006
Rapport de la situation humanitaire en Côte d'Ivoire 15 mars - 15 avril 2006
Rapport de la situation humanitaire en Côte d'Ivoire15 mars - 15 avril 2006
I. Situation politique et sécuritaire
Durant la période du 15 mars au 15 avril 2006, le contexte politique dans le pays a connu des changements importants suite à un dégel apparent dans les relations entre les principaux protagonistes de la crise ivoirienne. Le retour à Abidjan du Secrétaire Général des Forces Nouvelles (FN), Guillaume Soro, et la reprise du dialogue entre les Etats-Majors des FDS et FAFN, sont les principaux éléments de ce processus. Parallèlement, une avancée politique considérable a été faite lors de la visite en Côte d’Ivoire du 06 au 08 avril 2006 du Président de la République du Congo, Denis Sassou N’Guesso, Président de l’Union africaine (UA), quand les principaux acteurs de la crise ont trouvé un accord sur la simultanéité des opérations de désarmement et d'identification des électeurs.
Guillaume Soro, qui exerce en même temps les fonctions de Ministre d'Etat, chargé du programme de la reconstruction et de la réinsertion, s’est rendu le 14 mars 2006 à Abidjan. Il a tout de suite repris sa place au sein du gouvernement de transition. A cette occasion le Premier ministre a souligné que M. Soro et lui-même allaient joindre leurs efforts afin de préparer les élections fixées avant la fin du mois d’octobre 2006.
Dans ce contexte, et à l’initiative du Premier Ministre, Charles Konan Banny, les chefs des Etats-Majors des Forces de Défense et de Sécurité de la Côte d’Ivoire (FDS), Philippe Mangou, et des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN), Soumaila Bakayoko, se sont retrouvés, le 01 avril 2006 à Yamoussoukro. Cette rencontre avait pour but de renouer le dialogue entre les FDS et FAFN et d’entériner une série de rencontre entre les protagonistes. La rencontre suivante du 04 avril 2006 à Bouaké portait sur la mise en place d’un cadre structurel de discussions. Selon les informations de sources concordantes, les FAFN ont émis des préoccupations concernant le vote d’une nouvelle loi d’amnistie, la démobilisation des recrues, l’Etat-Major intégré, l’identification des populations et des combattants et le maintien des grades avec les avantages afférents des officiers des FAFN.
Cependant la reprise du dialogue a connu une interruption car l’étape suivante des négociations à Yamoussoukro prévue le 11 et 12 avril 2006 n’a pas eu lieu à cause des incidents survenus entre la délégation des FAFN et des éléments des FDS.
Par ailleurs, concernant les élections, le Premier Ministre ivoirien, Charles Konan Banny, en visite de travail en France du 10 au 14 avril 2006, a évoqué, la possibilité d’un nouveau délai pour le scrutin présidentiel en Côte d’Ivoire, prévu fin octobre 2006. «Le réalisme veut que si on n’y arrive pas, mais que cependant nous sommes dans une dynamique de paix, la paix ne vaut-elle pas quelque délai ? » a déclaré le Premier Ministre. Recevant son homologue ivoirien, le 13 avril, а Matignon, le Premier Ministre français, Dominique de Villepin, a pourtant rappelé au chef du gouvernement de la Côte d’Ivoire «l’attachement de la France à développer ses relations avec la Côte d’Ivoire, à faire en sorte que le processus de sortie de crise puisse se dérouler dans les meilleures conditions, que les élections puissent être organisées aux dates qui ont été prévues».
Dans le cadre de la dynamique sécuritaire générale plutôt positive à l’Ouest, l’ONUCI a commencé le redéploiement de ses troupes sur le terrain après le retrait de Guiglo des agences humanitaires de l’ONU et de la plupart des ONGs internationales en janvier 2006. Le porte-parole militaire de l’ONUCI, Colonel Omar El Khadir, a déclaré le 23 mars 2006, que les troupes onusiennes ont commencé leur retour à l’Ouest de la Côte d'Ivoire le 19 mars 2006. Il a souligné que le redéploiement des troupes vers Toulepleu se déroule sans problème malgré les déclarations des milices locales qui ont promis de s’opposer au retour des militaires de l’ONU.
Toutefois, les tensions inter-communautraires à l’Ouest persistent. Ainsi, selon les informations du sous-bureau de OCHA à Man, 03 personnes de la communauté Guéré ont été tuées dans un campement du village Zouan, situé non loin du village Peehapa (région du Moyen Cavally) le 27 mars 2006. Les jeunes Guéré de cette zone ont réagi le 28 mars 2006 en érigeant un barrage entre les villages de Domobly et de Zouan, sur la route Guiglo-Blolequin. Ces jeunes accusaient les burkinabés d’être les auteurs de ces meurtres. Grâce à l’intervention des autorités locales, aucun incident n’a été signalé.
II. Situation Humanitaire
A. Coordination humanitaire
OCHA-CI diversifie les moyens de coordination des activités humanitaires. Ainsi, le 22 mars 2006, OCHA-CI a repris le cycle de réunions bimensuelles d’information humanitaire générale (RIGH) avec les partenaires humanitaires, les Agences de l'ONU, les Forces Impartiales et les autorités nationales, suspendu depuis décembre 2005 en raison de l’attente de la nomination du nouveau Gouvernement et de la détérioration de la situation sécuritaire dans la zone gouvernementale en janvier 2006. Les participants ont été informés sur la situation humanitaire et sécuritaire qui prévaut dans le pays ainsi que sur l'organisation des examens scolaires dans la zone sous contrôle des Forces Nouvelles. OCHA-CI a informé les participants sur la réforme humanitaire en cours, concernant la création du Fonds Central d’Intervention d’Urgence (CERF) et l'introduction des «clusters». OCHA a aussi fait le point sur le financement du CAP 2005 et a recommandé aux participants des mesures à prendre concernant la revue à mi-parcours du CAP 2006.
Le mercredi 15 mars 2006, au SOFITEL, a eu lieu la conférence de presse des agences des Nations Unies présidée par le Coordonnateur Humanitaire, M. Abdoulaye Mar Dieye. Cette conférence représente une activité-clé du plan de communication d'urgence initiée par OCHA et marque la reprise du cycle de conférence de presse organisé par le IAHCC en 2003 et 2004. Les représentants de l'OMS, UNICEF et OCHA, en tant qu’animateurs principaux, ont apporté des informations sur les thèmes de l'actualité humanitaire, concernant la reprise des examens en zone sous contrôle des Forces Nouvelles, la reémergence du choléra, de la méningite, de la fièvre jaune, le point sur la grippe aviaire, le lancement du CERF et le plein réengagement à l'Ouest.
B. Mouvement des populations
Situation des déplacés de la sous préfecture de Zou (région du Moyen Cavally).
Les acteurs humanitaires continuent leurs efforts visant le retour volontaire des personnes déplacées qui ont quitté la sous préfecture de Zou.
Durant la réunion de concertation entre les représentants des personnes déplacés de la sous-préfecture de Zou, les autorités et élus locaux, les Forces impartiales et acteurs humanitaires (Caritas, IRC, SC-UK, OIM, UNICEF et OCHA) à Duékoué, le 17 mars 2006, les acteurs humanitaires ont pris acte de la décision des déplacées de retourner volontairement dans leurs villages d’origine. Sur 960 ménages des déplacés, 269 ont été identifiés comme candidats pour le premier convoi du retour volontaire. Des délégués des déplacés de Zou se trouvant à San Pedro (estimés à 318 ménages) ont promis de procéder à l’identification des déplacés, candidats volontaires au retour, et de tenir informés les humanitaires et les autorités préfectorales de Duekoué.
Dans le même contexte, le réseau Protection a effectué une mission dans les régions des 18 Montagnes et du Moyen Cavally du 04 au 09 avril 2006. Cette mission composée de représentants de OCHA, UNICEF, HCR, IRC et OIM s’est rendue dans la Sous-Préfecture de Zou où elle a rencontré les populations considérées comme « locales » et « étrangères » des villages de Zou, Pinhou, Zodry, Diedrou et Gohouo afin d’établir les conditions du retour des personnes déplacées se trouvant actuellement sur l’axe Guiglo-Bloléquin (6942 déplacés dans les localités de Mona, Guezon, Domobly, Guiglo ville, Troya 2, Zouan, Glopaoudy, Beoua, Ne, Nedrou, Guezon, Kaade, Guinkin, Ze, Zebly et Bedy-Goazon et 1036 déplacés dans les localités de Ziglo, Zeaglo, Beoue, Douandrolu, Pohan, Guezon et Blolequin ville), à Duekoué ville et à Bangolo ville. Par ailleurs, la mission a constaté des retours spontanés de personnes déplacées qui témoignent de leur volonté de regagner leurs villages.
Par ailleurs, l’OIM en coordination avec les représentants des personnes déplacées de la Sous-Préfecture de Zou, vivant dans des familles d’accueil à Guiglo, à Blolequin et villages de l’axe Guiglo-Bloléquin, a sorti les premières statistiques (avec critères de vulnérabilité) des déplacés qui souhaitent retourner chez eux, par villages d’accueil et d’origine. Ce sont au total 7.980 déplacés répartis dans 21 villages et dans les villes de Guiglo et de Bloléquin. L’OIM en collaboration avec les comités de déplacés envisage un travail similaire sur les axes Guiglo-Duekoué et Duekoué-Bangolo.
Durant la période rapportée, l’ONG SOLIDARITE a lancé le Programme d’appui à la réinstallation durable des personnes déplacées internes à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Ce programme, financé par l’Union européenne, prévoit la réhabilitation des puits et réparation légère d’infrastructures communautaires (routes, écoles centres de santé etc.) dans le Nord du département de Bloléquin, et le Nord Ouest du département de Guiglo.
Réfugiés libériens
Le nombre de réfugiés libériens rapatriés depuis le début de l'année 2006 est de 1325 portant ainsi leur nombre total à 14891 personnes rapatriées volontairement depuis septembre 2004 de Côte d'Ivoire avec l'assistance de l'UNHCR et son partenaire GTZ.
Le jeudi 13 avril 2006, 67 réfugiés libériens du camp de Nicla à Guiglo ont choisi volontairement de retourner au Libéria. Les convois organisés par l'UNHCR à cet effet étaient en direction des comtés de Grand Gedeh, de Nimba et de Monserrado..
Par ailleurs, le 07 avril 2006, cent trente-cinq (135) réfugiés libériens dont 123 en provenance de Tabou et 12 d'Abidjan ont choisi volontairement de retourner au Libéria. Les convois organisés par le HCR à cet effet étaient en direction de Maryland, de Sinoe, de Grand Bassa, de Bong, de Grand Kru, de Monserrado et de River Gee. Le 31 mars 2006, quatre-vingt dix-neuf (99) réfugiés libériens en provenance de Tabou sont volontairement rentrés au Libéria.
Pour favoriser le rapatriement volontaire des réfugiés, une mission de type «Go and see visit» conduite par l'ONG Search For Common Ground, partenaire du HCR Côte d'Ivoire, a été organisée du 23 au 25 mars 2006 à Grand Gedeh et à Nimba (Libéria). L'objectif principal de cet exercice était de permettre aux quatre (04) réfugiés du camp de Nicla en mission, de faire une «photographie» de la situation réelle dans leurs zones d'origine en évaluant les conditions de vie et les services disponibles et ensuite, à leur retour, de les communiquer aux autres réfugiés restés sur place. Ces informations communiquées devraient aboutir à une prise de décision responsable des réfugiés pour le retour. Search For Common Ground a également organisé des missions de sensibilisation pour le rapatriement volontaire à travers l'organisation de théâtre interactif dans la Zone d'Accueil des Réfugiés du 28 au 31 mars 2006.
C. Santé/nutrition
Méningite
OMS a indiqué que de la semaine 1 à 12 environ 356 cas de méningite ont été rapporté sur l’ensemble du territoire ivoirien avec près de 33 décès. Ces cas ont concerné surtout 5 districts (Bouaké, Korhogo, Séguéla, Boundiali et Tengréla) où 80 000 doses de vaccins ont été utilisées pour la riposte avec l’appui financier de l’OMS et de l’UNICEF. À la semaine 10, onze (11) cas dont 5 décès ont été enregistrés dans le district sanitaire de Tengréla (région des Savanes) avec une population de 71 169 habitants. Neuf (9) cas testés sur 10 ont été confirmés méningite A. Le seuil épidémique a été atteint depuis la semaine 10 et les localités les plus touchées sont Tengrela, Kanakono, M'bellê, San, Tindiremé. Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique a déclaré l'état d'épidémie dans le département de Tengrela le 03 avril 2006. Une équipe de l’Institut National d’Hygiène Publique et de l’OMS a été dépêchée sur le terrain pour assurer le suivi de la situation.
Face à cette récente épidémie de méningite déclarée dans la zone de Tengrela, 35 000 doses de vaccins anti-méningocoque (AC) ont été acheminées pour une campagne de vaccination qui s’est déroulée du 03 au 09 avril 2006. Cette campagne de vaccination, effectuée par le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique avec un appui de l’OMS et de l’UNICEF, a pour objectif premier de circonscrire l’épidémie à cette zone. Une commande de vaccin est en cours pour étendre la couverture vaccinale là où c’est nécessaire.
Grippe aviaire
En plus de la persistance de l’épidémie de méningite dans le pays, la menace de la grippe aviaire est l'objet d'une nouvelle préoccupation nationale. Les autorités ivoiriennes et la communauté humanitaire ont tenu en mars 2006 une réunion élargie sur le Plan National Multisectoriel de Réponse et de Riposte à la maladie. Dans le cadre de la prévention de la propagation de la grippe aviaire en Côte d’Ivoire, une cellule inter-agence composée de l’OMS, la FAO, l’UNICEF, l’OIM et l’ONUCI a été crée. Les réunions de la cellule se déroulent sur la base hebdomadaire. En plus, les représentants de l’OMS et de la FAO rencontrent régulièrement les responsables du Ministère de la Santé et de l'hygiène publique et du Ministère de la Production animale et des ressources halieutiques, pour discuter du problème. Un plan de contingence a été élaboré d’un coût global de $2.401.000 avec une demande d’urgence de $ 832.000. Ce plan a été élaboré sous l’égide de L’OMS et de la FAO. Ces deux agences insistent auprès du Gouvernement sur la nécessité d’intensifier la surveillance et l’information du public, surtout que la maladie est déjà au Burkina Faso, un pays limitrophe à la Côte d’Ivoire. L’OMS mène actuellement un plaidoyer pour le financement de ce plan. Dans ce contexte une table ronde des partenaires sur les problèmes liés à la propagation de la grippe aviaire sera organisée avec pour objectif de mobiliser des fonds.
Nutrition
A Guiglo, MSF-France note une croissance des cas de malnutrition sévère parmi les patients du Centre Nutritionnel Thérapeutique (CNT). Les statistiques des cas d’admission sont passées de 37 en janvier 2006 à 61 cas en février 2006 et à 71 cas en mars 2006. Les causes de cette montée des cas de malnutrition pourraient avoir un caractère saisonnier. MSF-France souligne que de nombreuses mères tardent à adresser leurs enfants au centre ce qui aggrave leur état de santé.
L’augmentation des cas d’admission des enfants malnutris est notée à Man. Selon MSF-Belgique, durant les deux premières semaines d’avril 2006, le nombre de cas d’admissions des enfants malnutris au Centre Nutritionnel Thérapeutique (CNT) à Man est passé de 40 à 60. Les enfants proviennent généralement des zones de Bangolo, Kouibly et Danané. Pour réduire la pression sur le centre et permettre l’admission de nouveaux enfants, MSF-Belgique envisage d’utiliser des CNT ambulatoires pour la prise en charge des patients de Man.
D. Education
Selon les statistiques du Ministère de l’Education Nationale, le taux de réussite aux examens scolaires organisés dans la zone sous contrôle des Forces Nouvelles le 02-04 et 14 mars 2006, se présente comme suit: le BAC – 1282 personnes admises, soit 24,44% de réussite; BEPC – 3321 admis (21,45% taux de réussite); CEPE – 25158 élèves admis, ce qui fait 58,97% de réussite.
Le Ministère de l’Education Nationale a déclaré que dans l’ensemble les épreuves se sont bien déroulées. Cependant dans certains centres, les examens ont commencé avec du retard et on notait un taux élevé d’absentéisme (BAC-38,79%; BEPC-32,52%; CEPE-26,75%). Cela peut s’expliquer par : l’éloignement des candidats de leur centre d’examen ; beaucoup de candidats avaient déjà passé les évaluations en zone Sud. Le Ministère souligne que le délai insuffisant entre les dates fixées pour les examens et la décision de leur organisation (01 semaine) a eu pour conséquence la mise en route précipité des acteurs et l’absence d’une stratégie adéquate d’information et de sensibilisation des candidats.
A la veille du démarrage de la nouvelle année scolaire dans la zone FN, OCHA et l’UNICEF ont tenu une séance de travail avec l’ONG Animation Rurale de Korhogo (ARK) le 04 avril 2006, au sujet de la réhabilitation de 200 écoles dans la zone sous contrôle des Forces Nouvelles dans le cadre du projet «école, espace convivial» dont le lancement aura lieu le 26 avril prochain lors de la visite de l’Ambassadeur du Canada à Korhogo. Ce projet concerne la réhabilitation/construction de latrines, la mise en place de points d’eaux et les petits travaux de réhabilitation des écoles primaires.
E. Eau
La situation de l’eau au nord du pays reste un sujet de préoccupations du gouvernement et des acteurs humanitaires. Le Ministre des Infrastructures Economiques, Patrick Achi, est arrivé à Korhogo le 24 mars 2006 pour évaluer la situation sur le terrain. Il a lancé la phase d’étude technique de raccordement du réseau de la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (SODECI) au fleuve Bandama à Sinématiali (environ 35 km de Korhogo). M. Achi a indiqué d’autres mesures urgentes qu’il compte prendre pour solutionner le problème de l’eau à Korhogo et ses environs à savoir : l’envoi d’une équipe de géophysiciens pour l’identification dans la ville des points favorables à l’installation de forages profonds comme solution complémentaire immédiate; la mise en place d’un programme de 800 forages au titre de l’hydraulique villageoise; le redéploiement à Korhogo, dans les prochains jours, d’un Directeur Technique pour l’Hydraulique. Pour toutes ces actions, le ministre a sollicité l’appui et le soutien des acteurs humanitaires sur le terrain.
Par ailleurs, l'UNICEF en partenariat avec la DHH et les ONG locales, poursuit la réalisation du projet de la réhabilitation des pompes hydrauliques villageoises dans la région des Savanes. A la date du 05 avril 2006, au total, cinq cent vingt (520) pompes hydrauliques ont été réhabilités et 681 comités de gestion de l’eau ont été installés et formés.
Au cours de la période rapportée, IRC continuait la réalisation de son programme Eau et assainissement dans la zone de Zouan Hounien, financé par l’Union européenne. Les 19 comités de gestion d’eau sur 25 ont suivi une séance de sensibilisation, de formation et d’échange d’expérience. Au cours de cette session, trois (3) villages ne faisant pas partie du programme ont sollicité leur intégration au programme Eau et Assainissement de IRC. Par ailleurs, toujours dans le cadre de ce projet, IRC a distribué du ciment pour l’amélioration de 29 puits dans 29 villages sur 50.
F. Protection et cohésion sociale
Dans le cadre du suivi du processus de réconciliation inter-communautaire, OCHA a effectué une mission à Fengolo du 18 au 20 mars 2006, où la cérémonie de réconciliation entre la communauté considérée comme «locales» (Gueré) et les populations considérées comme "étrangères" (Baoulé, Dioula, Burbinabés, etc) a eu lieu. Cette activité a été organisée suite à l’achèvement du projet de cohésion social inter-communautaire facilité par OCHA, financé par le PNUD et mis en œuvre par les ONGs CARE International et AID-CI (Association Internationale pour la Démocratie - Côte d'Ivoire). La cérémonie a vu la participation des autorités locales civiles et militaires et les associations de la société civile. Après la cérémonie il a été décidé de déclarer le 19 mars - la Journée de la Paix, du Pardon et de la Réconciliation à Fengolo.
Avec le financement de l’Union européenne, IRC entreprend un projet pilote de protection et de cohésion sociale dans 12 villages de la sous-préfecture de Zou (région du Moyen Cavally). Ce projet qui démarre effectivement en avril 2006, prévoit la mise en place de comités de protection et de cohésion sociale dans les villages concernés, sensibilisation sur les Droits de l’Homme ainsi que la mise en œuvre d’un programme «Cash for Work» pour appuyer et accompagner le processus. Par ailleurs, IRC a organisé le 30 mars 2006 à Man un séminaire de réflexion sur les abus et exploitation en milieu humanitaire. A ce séminaire, ont participé les représentants du PAM, UNICEF, OCHA, Section électorale de l’ONUCI, SC-UK, CARE International.
Les acteurs humanitaires accordent une attention particulière à la lutte et prévention des violences basées sur le sexe (Gender Based Violence). Ainsi, dans le cadre du Programme de lutte contre les violences faites aux femmes, financé par l’Union européenne, IRC a organisé 03 séances de mobilisation de masse dans les localités de Guéhouo, Youleu et Diotrou du Département de Man. Par ailleurs 06 séances de sensibilisation contre les violences faites aux femmes et l'excision ont été réalisées à Man. 1650 personnes au total ont été sensibilisées dont 75 militaires. Une autre séance de sensibilisation sur les mutilations génitales féminines a été organisée dans le village de Zoutouo-Darra (région des 18 Montagnes). Cette sensibilisation a rassemblé les habitants de 13 villages environnants. Au total, 266 personnes ont été sensibilisées.
Deux (02) séances de sensibilisation dans les casernes des FAFN à Mahapleu et Sanguiné ont été conduites. Au total, 195 éléments des FAFN ont été sensibilisés. En plus, IRC a organisé 04 journées de sensibilisation de masse, à travers des activités socioculturelles telles que théâtre, jeux, match de football et danses traditionnelles, en abordant les thèmes des Droits de l’Homme à Dioulé (Logouale), Flampleu (Danané), Goenie- Zibiao (Bangolo) et Guin-Houyé (Danané). Chaque journée environ 800 personnes ont été sensibilisées. Par ailleurs, IRC a effectué des séances de sensibilisation sur les violences faites aux femmes à Man (729 personnes sensibilisées) et à Danané, dans les casernes des FAFN (517 personnes sensibilisées).
Compte tenu de la situation tendue qui caractérise la co-existence inter-communautaire dans la Région de Bas-Sassandra, OCHA a dépêché une mission à Tabou, San Pedro et Sassandra du 23 au 26 mars 2006. La mission OCHA a confirmé que le problème foncier dans la région du Bas-Sassandra est à l’origine des conflits inter-communautaires qui mettent en question la cohésion sociale. Les interlocuteurs de OCHA ont reconnu que des problèmes fonciers au départ se sont transformés en conflits inter-communautaires, qui ont pris des allures inquiétantes et constituent actuellement des menaces permanentes pour toute la région. Les conflits inter-communautaires risquent de s’aggraver à l’approche de la fin de la période du bannissement des populations considérées comme «étrangères» décidé en 1999, prévu pour début novembre 2006. Par ailleurs, un mouvement de retour de ces populations a été signalé dans neuf (9) cantons de Tabou et, environs sept à neuf milles (7.000 à 9.000) personnes seraient retournées dans les campements aux environs de deux cantons de Wappo et Dapo, selon les autorités locales.
G. Sécurité alimentaire
A l’issue de l’évaluation de la sécurité alimentaire effectuée dans les régions des 18 Montagnes, du Moyen Cavally et des Savanes, le PAM et la FAO ont déterminé des zones de vulnérabilité qui nécessitent une intervention humanitaire: zones très vulnérables (Fengolo, Logoualé, l’axe Zou et l’axe Danané-Sipilou pour les communautés considérées comme «locales»), zones moyennement vulnérables (Diéouzon, nord Sipilou, sud Sangouiné et les axes Bangiehi-Pinhou et Danané-Guinée), peu vulnérables (nord Bloléquin, nord Sangouiné et Kouibly) et zones non vulnérables (Logoualé, Fengolo et l’axe Zou seulement pour les communautés considérées comme «étrangère ». Dans la région des Savanes il s’agit de la Zone de Korhogo, zone la plus vulnérable avec de mauvaises récoltes, des revenus faibles et une période de soudure déjà installée; Zone dense de Korhogo (villages situés autour de Korhogo) avec des problèmes de terre et des aléas climatiques (mauvaise pluviométrie); Zone de Ferkessédougou qui connaît une situation moyennement bonne; Zone nord de Tengrela, dont la situation varie d’un village à un autre.
Pour chacun des types de vulnérabilité, la FAO et PAM recommandent des actions d’assistance agricole et alimentaire allant de la distribution d’intrants agricoles à la distribution de rations pour la protection des semences.
Dans le cadre de l’assistance aux personnes déplacées, OIM a terminé la distribution de vivres (ration pour le mois de mars 2006), livrés par le PAM, en faveur de 6794 personnes déplacées du Centre d'Accueil Temporaire des Déplacés (CATD) à Guiglo. En ce qui concerne les réfugiés libériens du camp Peace Town de Guiglo, le PAM est encore en phase préparatoire (pré-positionnement des vivres) de la distribution de l’assistance alimentaire.
III. Mobilisation des ressources.
L’UNICEF a rendu publique sa dernière mise à jour des contributions donateurs indiquant que dans le cadre du CAP Côte d’Ivoire 2006, sur les 16 164 878 $ demandés, seulement 2 791 788 $ ont été reçus. L’UNICEF a souligné que l’insuffisance de financements remettait en question la réalisation d’une grande partie de ses programmes dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’eau et de l’assainissement, de l’éducation et de la protection. L’UNICEF a exprimé l’espoir que les donateurs allaient apporter leur soutien à ses activités ce qui permettraient d’éviter l’interruption des programmes en cours et de lancer de nouveaux projets importants.
D’après le Financial Tracking Service (FTS), sur un montant total de $36,431,798 dans le cadre du budget révisé CAP 2005, actuellement $19,568,119 sont disponibles, soit 53.70%.
I. Situation politique et sécuritaire
Durant la période du 15 mars au 15 avril 2006, le contexte politique dans le pays a connu des changements importants suite à un dégel apparent dans les relations entre les principaux protagonistes de la crise ivoirienne. Le retour à Abidjan du Secrétaire Général des Forces Nouvelles (FN), Guillaume Soro, et la reprise du dialogue entre les Etats-Majors des FDS et FAFN, sont les principaux éléments de ce processus. Parallèlement, une avancée politique considérable a été faite lors de la visite en Côte d’Ivoire du 06 au 08 avril 2006 du Président de la République du Congo, Denis Sassou N’Guesso, Président de l’Union africaine (UA), quand les principaux acteurs de la crise ont trouvé un accord sur la simultanéité des opérations de désarmement et d'identification des électeurs.
Guillaume Soro, qui exerce en même temps les fonctions de Ministre d'Etat, chargé du programme de la reconstruction et de la réinsertion, s’est rendu le 14 mars 2006 à Abidjan. Il a tout de suite repris sa place au sein du gouvernement de transition. A cette occasion le Premier ministre a souligné que M. Soro et lui-même allaient joindre leurs efforts afin de préparer les élections fixées avant la fin du mois d’octobre 2006.
Dans ce contexte, et à l’initiative du Premier Ministre, Charles Konan Banny, les chefs des Etats-Majors des Forces de Défense et de Sécurité de la Côte d’Ivoire (FDS), Philippe Mangou, et des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN), Soumaila Bakayoko, se sont retrouvés, le 01 avril 2006 à Yamoussoukro. Cette rencontre avait pour but de renouer le dialogue entre les FDS et FAFN et d’entériner une série de rencontre entre les protagonistes. La rencontre suivante du 04 avril 2006 à Bouaké portait sur la mise en place d’un cadre structurel de discussions. Selon les informations de sources concordantes, les FAFN ont émis des préoccupations concernant le vote d’une nouvelle loi d’amnistie, la démobilisation des recrues, l’Etat-Major intégré, l’identification des populations et des combattants et le maintien des grades avec les avantages afférents des officiers des FAFN.
Cependant la reprise du dialogue a connu une interruption car l’étape suivante des négociations à Yamoussoukro prévue le 11 et 12 avril 2006 n’a pas eu lieu à cause des incidents survenus entre la délégation des FAFN et des éléments des FDS.
Par ailleurs, concernant les élections, le Premier Ministre ivoirien, Charles Konan Banny, en visite de travail en France du 10 au 14 avril 2006, a évoqué, la possibilité d’un nouveau délai pour le scrutin présidentiel en Côte d’Ivoire, prévu fin octobre 2006. «Le réalisme veut que si on n’y arrive pas, mais que cependant nous sommes dans une dynamique de paix, la paix ne vaut-elle pas quelque délai ? » a déclaré le Premier Ministre. Recevant son homologue ivoirien, le 13 avril, а Matignon, le Premier Ministre français, Dominique de Villepin, a pourtant rappelé au chef du gouvernement de la Côte d’Ivoire «l’attachement de la France à développer ses relations avec la Côte d’Ivoire, à faire en sorte que le processus de sortie de crise puisse se dérouler dans les meilleures conditions, que les élections puissent être organisées aux dates qui ont été prévues».
Dans le cadre de la dynamique sécuritaire générale plutôt positive à l’Ouest, l’ONUCI a commencé le redéploiement de ses troupes sur le terrain après le retrait de Guiglo des agences humanitaires de l’ONU et de la plupart des ONGs internationales en janvier 2006. Le porte-parole militaire de l’ONUCI, Colonel Omar El Khadir, a déclaré le 23 mars 2006, que les troupes onusiennes ont commencé leur retour à l’Ouest de la Côte d'Ivoire le 19 mars 2006. Il a souligné que le redéploiement des troupes vers Toulepleu se déroule sans problème malgré les déclarations des milices locales qui ont promis de s’opposer au retour des militaires de l’ONU.
Toutefois, les tensions inter-communautraires à l’Ouest persistent. Ainsi, selon les informations du sous-bureau de OCHA à Man, 03 personnes de la communauté Guéré ont été tuées dans un campement du village Zouan, situé non loin du village Peehapa (région du Moyen Cavally) le 27 mars 2006. Les jeunes Guéré de cette zone ont réagi le 28 mars 2006 en érigeant un barrage entre les villages de Domobly et de Zouan, sur la route Guiglo-Blolequin. Ces jeunes accusaient les burkinabés d’être les auteurs de ces meurtres. Grâce à l’intervention des autorités locales, aucun incident n’a été signalé.
II. Situation Humanitaire
A. Coordination humanitaire
OCHA-CI diversifie les moyens de coordination des activités humanitaires. Ainsi, le 22 mars 2006, OCHA-CI a repris le cycle de réunions bimensuelles d’information humanitaire générale (RIGH) avec les partenaires humanitaires, les Agences de l'ONU, les Forces Impartiales et les autorités nationales, suspendu depuis décembre 2005 en raison de l’attente de la nomination du nouveau Gouvernement et de la détérioration de la situation sécuritaire dans la zone gouvernementale en janvier 2006. Les participants ont été informés sur la situation humanitaire et sécuritaire qui prévaut dans le pays ainsi que sur l'organisation des examens scolaires dans la zone sous contrôle des Forces Nouvelles. OCHA-CI a informé les participants sur la réforme humanitaire en cours, concernant la création du Fonds Central d’Intervention d’Urgence (CERF) et l'introduction des «clusters». OCHA a aussi fait le point sur le financement du CAP 2005 et a recommandé aux participants des mesures à prendre concernant la revue à mi-parcours du CAP 2006.
Le mercredi 15 mars 2006, au SOFITEL, a eu lieu la conférence de presse des agences des Nations Unies présidée par le Coordonnateur Humanitaire, M. Abdoulaye Mar Dieye. Cette conférence représente une activité-clé du plan de communication d'urgence initiée par OCHA et marque la reprise du cycle de conférence de presse organisé par le IAHCC en 2003 et 2004. Les représentants de l'OMS, UNICEF et OCHA, en tant qu’animateurs principaux, ont apporté des informations sur les thèmes de l'actualité humanitaire, concernant la reprise des examens en zone sous contrôle des Forces Nouvelles, la reémergence du choléra, de la méningite, de la fièvre jaune, le point sur la grippe aviaire, le lancement du CERF et le plein réengagement à l'Ouest.
B. Mouvement des populations
Situation des déplacés de la sous préfecture de Zou (région du Moyen Cavally).
Les acteurs humanitaires continuent leurs efforts visant le retour volontaire des personnes déplacées qui ont quitté la sous préfecture de Zou.
Durant la réunion de concertation entre les représentants des personnes déplacés de la sous-préfecture de Zou, les autorités et élus locaux, les Forces impartiales et acteurs humanitaires (Caritas, IRC, SC-UK, OIM, UNICEF et OCHA) à Duékoué, le 17 mars 2006, les acteurs humanitaires ont pris acte de la décision des déplacées de retourner volontairement dans leurs villages d’origine. Sur 960 ménages des déplacés, 269 ont été identifiés comme candidats pour le premier convoi du retour volontaire. Des délégués des déplacés de Zou se trouvant à San Pedro (estimés à 318 ménages) ont promis de procéder à l’identification des déplacés, candidats volontaires au retour, et de tenir informés les humanitaires et les autorités préfectorales de Duekoué.
Dans le même contexte, le réseau Protection a effectué une mission dans les régions des 18 Montagnes et du Moyen Cavally du 04 au 09 avril 2006. Cette mission composée de représentants de OCHA, UNICEF, HCR, IRC et OIM s’est rendue dans la Sous-Préfecture de Zou où elle a rencontré les populations considérées comme « locales » et « étrangères » des villages de Zou, Pinhou, Zodry, Diedrou et Gohouo afin d’établir les conditions du retour des personnes déplacées se trouvant actuellement sur l’axe Guiglo-Bloléquin (6942 déplacés dans les localités de Mona, Guezon, Domobly, Guiglo ville, Troya 2, Zouan, Glopaoudy, Beoua, Ne, Nedrou, Guezon, Kaade, Guinkin, Ze, Zebly et Bedy-Goazon et 1036 déplacés dans les localités de Ziglo, Zeaglo, Beoue, Douandrolu, Pohan, Guezon et Blolequin ville), à Duekoué ville et à Bangolo ville. Par ailleurs, la mission a constaté des retours spontanés de personnes déplacées qui témoignent de leur volonté de regagner leurs villages.
Par ailleurs, l’OIM en coordination avec les représentants des personnes déplacées de la Sous-Préfecture de Zou, vivant dans des familles d’accueil à Guiglo, à Blolequin et villages de l’axe Guiglo-Bloléquin, a sorti les premières statistiques (avec critères de vulnérabilité) des déplacés qui souhaitent retourner chez eux, par villages d’accueil et d’origine. Ce sont au total 7.980 déplacés répartis dans 21 villages et dans les villes de Guiglo et de Bloléquin. L’OIM en collaboration avec les comités de déplacés envisage un travail similaire sur les axes Guiglo-Duekoué et Duekoué-Bangolo.
Durant la période rapportée, l’ONG SOLIDARITE a lancé le Programme d’appui à la réinstallation durable des personnes déplacées internes à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Ce programme, financé par l’Union européenne, prévoit la réhabilitation des puits et réparation légère d’infrastructures communautaires (routes, écoles centres de santé etc.) dans le Nord du département de Bloléquin, et le Nord Ouest du département de Guiglo.
Réfugiés libériens
Le nombre de réfugiés libériens rapatriés depuis le début de l'année 2006 est de 1325 portant ainsi leur nombre total à 14891 personnes rapatriées volontairement depuis septembre 2004 de Côte d'Ivoire avec l'assistance de l'UNHCR et son partenaire GTZ.
Le jeudi 13 avril 2006, 67 réfugiés libériens du camp de Nicla à Guiglo ont choisi volontairement de retourner au Libéria. Les convois organisés par l'UNHCR à cet effet étaient en direction des comtés de Grand Gedeh, de Nimba et de Monserrado..
Par ailleurs, le 07 avril 2006, cent trente-cinq (135) réfugiés libériens dont 123 en provenance de Tabou et 12 d'Abidjan ont choisi volontairement de retourner au Libéria. Les convois organisés par le HCR à cet effet étaient en direction de Maryland, de Sinoe, de Grand Bassa, de Bong, de Grand Kru, de Monserrado et de River Gee. Le 31 mars 2006, quatre-vingt dix-neuf (99) réfugiés libériens en provenance de Tabou sont volontairement rentrés au Libéria.
Pour favoriser le rapatriement volontaire des réfugiés, une mission de type «Go and see visit» conduite par l'ONG Search For Common Ground, partenaire du HCR Côte d'Ivoire, a été organisée du 23 au 25 mars 2006 à Grand Gedeh et à Nimba (Libéria). L'objectif principal de cet exercice était de permettre aux quatre (04) réfugiés du camp de Nicla en mission, de faire une «photographie» de la situation réelle dans leurs zones d'origine en évaluant les conditions de vie et les services disponibles et ensuite, à leur retour, de les communiquer aux autres réfugiés restés sur place. Ces informations communiquées devraient aboutir à une prise de décision responsable des réfugiés pour le retour. Search For Common Ground a également organisé des missions de sensibilisation pour le rapatriement volontaire à travers l'organisation de théâtre interactif dans la Zone d'Accueil des Réfugiés du 28 au 31 mars 2006.
C. Santé/nutrition
Méningite
OMS a indiqué que de la semaine 1 à 12 environ 356 cas de méningite ont été rapporté sur l’ensemble du territoire ivoirien avec près de 33 décès. Ces cas ont concerné surtout 5 districts (Bouaké, Korhogo, Séguéla, Boundiali et Tengréla) où 80 000 doses de vaccins ont été utilisées pour la riposte avec l’appui financier de l’OMS et de l’UNICEF. À la semaine 10, onze (11) cas dont 5 décès ont été enregistrés dans le district sanitaire de Tengréla (région des Savanes) avec une population de 71 169 habitants. Neuf (9) cas testés sur 10 ont été confirmés méningite A. Le seuil épidémique a été atteint depuis la semaine 10 et les localités les plus touchées sont Tengrela, Kanakono, M'bellê, San, Tindiremé. Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique a déclaré l'état d'épidémie dans le département de Tengrela le 03 avril 2006. Une équipe de l’Institut National d’Hygiène Publique et de l’OMS a été dépêchée sur le terrain pour assurer le suivi de la situation.
Face à cette récente épidémie de méningite déclarée dans la zone de Tengrela, 35 000 doses de vaccins anti-méningocoque (AC) ont été acheminées pour une campagne de vaccination qui s’est déroulée du 03 au 09 avril 2006. Cette campagne de vaccination, effectuée par le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique avec un appui de l’OMS et de l’UNICEF, a pour objectif premier de circonscrire l’épidémie à cette zone. Une commande de vaccin est en cours pour étendre la couverture vaccinale là où c’est nécessaire.
Grippe aviaire
En plus de la persistance de l’épidémie de méningite dans le pays, la menace de la grippe aviaire est l'objet d'une nouvelle préoccupation nationale. Les autorités ivoiriennes et la communauté humanitaire ont tenu en mars 2006 une réunion élargie sur le Plan National Multisectoriel de Réponse et de Riposte à la maladie. Dans le cadre de la prévention de la propagation de la grippe aviaire en Côte d’Ivoire, une cellule inter-agence composée de l’OMS, la FAO, l’UNICEF, l’OIM et l’ONUCI a été crée. Les réunions de la cellule se déroulent sur la base hebdomadaire. En plus, les représentants de l’OMS et de la FAO rencontrent régulièrement les responsables du Ministère de la Santé et de l'hygiène publique et du Ministère de la Production animale et des ressources halieutiques, pour discuter du problème. Un plan de contingence a été élaboré d’un coût global de $2.401.000 avec une demande d’urgence de $ 832.000. Ce plan a été élaboré sous l’égide de L’OMS et de la FAO. Ces deux agences insistent auprès du Gouvernement sur la nécessité d’intensifier la surveillance et l’information du public, surtout que la maladie est déjà au Burkina Faso, un pays limitrophe à la Côte d’Ivoire. L’OMS mène actuellement un plaidoyer pour le financement de ce plan. Dans ce contexte une table ronde des partenaires sur les problèmes liés à la propagation de la grippe aviaire sera organisée avec pour objectif de mobiliser des fonds.
Nutrition
A Guiglo, MSF-France note une croissance des cas de malnutrition sévère parmi les patients du Centre Nutritionnel Thérapeutique (CNT). Les statistiques des cas d’admission sont passées de 37 en janvier 2006 à 61 cas en février 2006 et à 71 cas en mars 2006. Les causes de cette montée des cas de malnutrition pourraient avoir un caractère saisonnier. MSF-France souligne que de nombreuses mères tardent à adresser leurs enfants au centre ce qui aggrave leur état de santé.
L’augmentation des cas d’admission des enfants malnutris est notée à Man. Selon MSF-Belgique, durant les deux premières semaines d’avril 2006, le nombre de cas d’admissions des enfants malnutris au Centre Nutritionnel Thérapeutique (CNT) à Man est passé de 40 à 60. Les enfants proviennent généralement des zones de Bangolo, Kouibly et Danané. Pour réduire la pression sur le centre et permettre l’admission de nouveaux enfants, MSF-Belgique envisage d’utiliser des CNT ambulatoires pour la prise en charge des patients de Man.
D. Education
Selon les statistiques du Ministère de l’Education Nationale, le taux de réussite aux examens scolaires organisés dans la zone sous contrôle des Forces Nouvelles le 02-04 et 14 mars 2006, se présente comme suit: le BAC – 1282 personnes admises, soit 24,44% de réussite; BEPC – 3321 admis (21,45% taux de réussite); CEPE – 25158 élèves admis, ce qui fait 58,97% de réussite.
Le Ministère de l’Education Nationale a déclaré que dans l’ensemble les épreuves se sont bien déroulées. Cependant dans certains centres, les examens ont commencé avec du retard et on notait un taux élevé d’absentéisme (BAC-38,79%; BEPC-32,52%; CEPE-26,75%). Cela peut s’expliquer par : l’éloignement des candidats de leur centre d’examen ; beaucoup de candidats avaient déjà passé les évaluations en zone Sud. Le Ministère souligne que le délai insuffisant entre les dates fixées pour les examens et la décision de leur organisation (01 semaine) a eu pour conséquence la mise en route précipité des acteurs et l’absence d’une stratégie adéquate d’information et de sensibilisation des candidats.
A la veille du démarrage de la nouvelle année scolaire dans la zone FN, OCHA et l’UNICEF ont tenu une séance de travail avec l’ONG Animation Rurale de Korhogo (ARK) le 04 avril 2006, au sujet de la réhabilitation de 200 écoles dans la zone sous contrôle des Forces Nouvelles dans le cadre du projet «école, espace convivial» dont le lancement aura lieu le 26 avril prochain lors de la visite de l’Ambassadeur du Canada à Korhogo. Ce projet concerne la réhabilitation/construction de latrines, la mise en place de points d’eaux et les petits travaux de réhabilitation des écoles primaires.
E. Eau
La situation de l’eau au nord du pays reste un sujet de préoccupations du gouvernement et des acteurs humanitaires. Le Ministre des Infrastructures Economiques, Patrick Achi, est arrivé à Korhogo le 24 mars 2006 pour évaluer la situation sur le terrain. Il a lancé la phase d’étude technique de raccordement du réseau de la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (SODECI) au fleuve Bandama à Sinématiali (environ 35 km de Korhogo). M. Achi a indiqué d’autres mesures urgentes qu’il compte prendre pour solutionner le problème de l’eau à Korhogo et ses environs à savoir : l’envoi d’une équipe de géophysiciens pour l’identification dans la ville des points favorables à l’installation de forages profonds comme solution complémentaire immédiate; la mise en place d’un programme de 800 forages au titre de l’hydraulique villageoise; le redéploiement à Korhogo, dans les prochains jours, d’un Directeur Technique pour l’Hydraulique. Pour toutes ces actions, le ministre a sollicité l’appui et le soutien des acteurs humanitaires sur le terrain.
Par ailleurs, l'UNICEF en partenariat avec la DHH et les ONG locales, poursuit la réalisation du projet de la réhabilitation des pompes hydrauliques villageoises dans la région des Savanes. A la date du 05 avril 2006, au total, cinq cent vingt (520) pompes hydrauliques ont été réhabilités et 681 comités de gestion de l’eau ont été installés et formés.
Au cours de la période rapportée, IRC continuait la réalisation de son programme Eau et assainissement dans la zone de Zouan Hounien, financé par l’Union européenne. Les 19 comités de gestion d’eau sur 25 ont suivi une séance de sensibilisation, de formation et d’échange d’expérience. Au cours de cette session, trois (3) villages ne faisant pas partie du programme ont sollicité leur intégration au programme Eau et Assainissement de IRC. Par ailleurs, toujours dans le cadre de ce projet, IRC a distribué du ciment pour l’amélioration de 29 puits dans 29 villages sur 50.
F. Protection et cohésion sociale
Dans le cadre du suivi du processus de réconciliation inter-communautaire, OCHA a effectué une mission à Fengolo du 18 au 20 mars 2006, où la cérémonie de réconciliation entre la communauté considérée comme «locales» (Gueré) et les populations considérées comme "étrangères" (Baoulé, Dioula, Burbinabés, etc) a eu lieu. Cette activité a été organisée suite à l’achèvement du projet de cohésion social inter-communautaire facilité par OCHA, financé par le PNUD et mis en œuvre par les ONGs CARE International et AID-CI (Association Internationale pour la Démocratie - Côte d'Ivoire). La cérémonie a vu la participation des autorités locales civiles et militaires et les associations de la société civile. Après la cérémonie il a été décidé de déclarer le 19 mars - la Journée de la Paix, du Pardon et de la Réconciliation à Fengolo.
Avec le financement de l’Union européenne, IRC entreprend un projet pilote de protection et de cohésion sociale dans 12 villages de la sous-préfecture de Zou (région du Moyen Cavally). Ce projet qui démarre effectivement en avril 2006, prévoit la mise en place de comités de protection et de cohésion sociale dans les villages concernés, sensibilisation sur les Droits de l’Homme ainsi que la mise en œuvre d’un programme «Cash for Work» pour appuyer et accompagner le processus. Par ailleurs, IRC a organisé le 30 mars 2006 à Man un séminaire de réflexion sur les abus et exploitation en milieu humanitaire. A ce séminaire, ont participé les représentants du PAM, UNICEF, OCHA, Section électorale de l’ONUCI, SC-UK, CARE International.
Les acteurs humanitaires accordent une attention particulière à la lutte et prévention des violences basées sur le sexe (Gender Based Violence). Ainsi, dans le cadre du Programme de lutte contre les violences faites aux femmes, financé par l’Union européenne, IRC a organisé 03 séances de mobilisation de masse dans les localités de Guéhouo, Youleu et Diotrou du Département de Man. Par ailleurs 06 séances de sensibilisation contre les violences faites aux femmes et l'excision ont été réalisées à Man. 1650 personnes au total ont été sensibilisées dont 75 militaires. Une autre séance de sensibilisation sur les mutilations génitales féminines a été organisée dans le village de Zoutouo-Darra (région des 18 Montagnes). Cette sensibilisation a rassemblé les habitants de 13 villages environnants. Au total, 266 personnes ont été sensibilisées.
Deux (02) séances de sensibilisation dans les casernes des FAFN à Mahapleu et Sanguiné ont été conduites. Au total, 195 éléments des FAFN ont été sensibilisés. En plus, IRC a organisé 04 journées de sensibilisation de masse, à travers des activités socioculturelles telles que théâtre, jeux, match de football et danses traditionnelles, en abordant les thèmes des Droits de l’Homme à Dioulé (Logouale), Flampleu (Danané), Goenie- Zibiao (Bangolo) et Guin-Houyé (Danané). Chaque journée environ 800 personnes ont été sensibilisées. Par ailleurs, IRC a effectué des séances de sensibilisation sur les violences faites aux femmes à Man (729 personnes sensibilisées) et à Danané, dans les casernes des FAFN (517 personnes sensibilisées).
Compte tenu de la situation tendue qui caractérise la co-existence inter-communautaire dans la Région de Bas-Sassandra, OCHA a dépêché une mission à Tabou, San Pedro et Sassandra du 23 au 26 mars 2006. La mission OCHA a confirmé que le problème foncier dans la région du Bas-Sassandra est à l’origine des conflits inter-communautaires qui mettent en question la cohésion sociale. Les interlocuteurs de OCHA ont reconnu que des problèmes fonciers au départ se sont transformés en conflits inter-communautaires, qui ont pris des allures inquiétantes et constituent actuellement des menaces permanentes pour toute la région. Les conflits inter-communautaires risquent de s’aggraver à l’approche de la fin de la période du bannissement des populations considérées comme «étrangères» décidé en 1999, prévu pour début novembre 2006. Par ailleurs, un mouvement de retour de ces populations a été signalé dans neuf (9) cantons de Tabou et, environs sept à neuf milles (7.000 à 9.000) personnes seraient retournées dans les campements aux environs de deux cantons de Wappo et Dapo, selon les autorités locales.
G. Sécurité alimentaire
A l’issue de l’évaluation de la sécurité alimentaire effectuée dans les régions des 18 Montagnes, du Moyen Cavally et des Savanes, le PAM et la FAO ont déterminé des zones de vulnérabilité qui nécessitent une intervention humanitaire: zones très vulnérables (Fengolo, Logoualé, l’axe Zou et l’axe Danané-Sipilou pour les communautés considérées comme «locales»), zones moyennement vulnérables (Diéouzon, nord Sipilou, sud Sangouiné et les axes Bangiehi-Pinhou et Danané-Guinée), peu vulnérables (nord Bloléquin, nord Sangouiné et Kouibly) et zones non vulnérables (Logoualé, Fengolo et l’axe Zou seulement pour les communautés considérées comme «étrangère ». Dans la région des Savanes il s’agit de la Zone de Korhogo, zone la plus vulnérable avec de mauvaises récoltes, des revenus faibles et une période de soudure déjà installée; Zone dense de Korhogo (villages situés autour de Korhogo) avec des problèmes de terre et des aléas climatiques (mauvaise pluviométrie); Zone de Ferkessédougou qui connaît une situation moyennement bonne; Zone nord de Tengrela, dont la situation varie d’un village à un autre.
Pour chacun des types de vulnérabilité, la FAO et PAM recommandent des actions d’assistance agricole et alimentaire allant de la distribution d’intrants agricoles à la distribution de rations pour la protection des semences.
Dans le cadre de l’assistance aux personnes déplacées, OIM a terminé la distribution de vivres (ration pour le mois de mars 2006), livrés par le PAM, en faveur de 6794 personnes déplacées du Centre d'Accueil Temporaire des Déplacés (CATD) à Guiglo. En ce qui concerne les réfugiés libériens du camp Peace Town de Guiglo, le PAM est encore en phase préparatoire (pré-positionnement des vivres) de la distribution de l’assistance alimentaire.
III. Mobilisation des ressources.
L’UNICEF a rendu publique sa dernière mise à jour des contributions donateurs indiquant que dans le cadre du CAP Côte d’Ivoire 2006, sur les 16 164 878 $ demandés, seulement 2 791 788 $ ont été reçus. L’UNICEF a souligné que l’insuffisance de financements remettait en question la réalisation d’une grande partie de ses programmes dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’eau et de l’assainissement, de l’éducation et de la protection. L’UNICEF a exprimé l’espoir que les donateurs allaient apporter leur soutien à ses activités ce qui permettraient d’éviter l’interruption des programmes en cours et de lancer de nouveaux projets importants.
D’après le Financial Tracking Service (FTS), sur un montant total de $36,431,798 dans le cadre du budget révisé CAP 2005, actuellement $19,568,119 sont disponibles, soit 53.70%.
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